MAUS
Art Spiegelman entrelace deux récits : celui de son père Vladek survivant de la Shoah, et celui de sa propre relation difficile avec ce père traumatisé devenu adulte anxieux et pingre. Le choix de représenter les Juifs en souris et les nazis en chats n'est jamais un simple procédé stylistique facile — il permet une distance salutaire pour aborder l'indicible sans jamais l'esthétiser ni l'édulcorer.
Le trait, volontairement simple et anguleux, contraste avec la gravité absolue du propos, et cette dissonance rend certaines scènes (la sélection à la rampe, les chambres à gaz suggérées plutôt que montrées) d'autant plus bouleversantes. Spiegelman n'épargne pas non plus son propre père, montré avec ses défauts réels plutôt qu'en simple victime héroïque.
Une œuvre majeure de la bande dessinée mondiale, seul comics à avoir jamais reçu un prix Pulitzer, qui a définitivement prouvé que le médium pouvait porter les sujets les plus graves de l'histoire humaine.
✓ Ce qui fonctionne
- Seul comics de l'histoire à avoir reçu le prix Pulitzer, amplement mérité
- Le procédé souris/chats jamais gratuit, toujours au service du récit
- Vladek montré avec ses vrais défauts, jamais en simple victime héroïque
- A prouvé que le comics pouvait porter les sujets les plus graves
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Gravité du sujet qui exige une vraie disponibilité émotionnelle du lecteur
« Le seul comics à avoir jamais reçu un prix Pulitzer, et il le mérite entièrement. Spiegelman prouve que le médium peut porter l'indicible sans jamais le trahir. »🛒 Voir sur Amazon ← Toutes les critiques ZZZPOP