OBSESSION
Bear est seul, travaille dans un magasin de musique, et tombe sur un objet ésotérique baptisé le One Wish Willow — un jouet qui exauce un vœu, un seul. Il souhaite que Nikki, son amie de longue date, tombe amoureuse de lui. Le vœu est exaucé. C'est précisément là que le film commence, et c'est précisément là qu'il devient dérangeant.
Curry Barker — qui écrit, réalise et monte — a compris le vrai sujet : pas le monstre, pas la malédiction, mais la question morale que personne ne pose. Vouloir tellement quelque chose, ou quelqu'un, est-ce bénéfique ? Est-ce même sain ? Obtenir exactement ce qu'on désirait ne règle rien, ça révèle juste ce que ce désir avait de malsain depuis le début. L'amour qui arrive sur commande n'est plus de l'amour, c'est une prise d'otage — et le film a l'honnêteté de le montrer sans chercher à sauver son héros.
À voir en double programme avec Together : deux films d'horreur sur le sentiment amoureux, sortis à quelques mois d'écart, qui attaquent le même nerf par deux angles opposés. L'un parle de fusion, l'autre de possession. Aucun des deux ne rassure. Petit budget, exécution millimétrée, et un succès commercial totalement disproportionné par rapport à ce qu'il a coûté — c'est mérité.
✓ Ce qui fonctionne
- Le vrai sujet n'est pas le monstre, c'est la question morale du désir
- Curry Barker écrit, réalise et monte : une vision, pas un produit
- Exécution redoutablement précise pour un budget minuscule
- En double programme avec Together, l'effet est décuplé
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Le dernier acte force un peu le trait là où la suggestion suffisait
« Obtenir exactement ce qu'on voulait ne règle rien : ça révèle ce que ce désir avait de malsain depuis le début. »
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