HELLBOY : WAKE THE DEVIL
Après Seed of Destruction, Mignola resserre. Vampires, Vlad Tepes, sorcellerie et résurgences nazies : Wake the Devil s'enfonce dans un folklore beaucoup plus sombre, et la tonalité blagueuse du premier tome s'efface au profit d'une vraie inquiétude. Hellboy encaisse toujours autant, mais il rit nettement moins.
C'est aussi l'album où le dessin de Mignola devient pleinement lui-même. Les aplats de noir mangent les cases, les décors se réduisent à des silhouettes d'architecture, la couleur de Dave Stewart travaille par grands blocs sourds. On n'est plus dans le comics d'horreur classique : on est dans quelque chose qui tient de la gravure et du théâtre d'ombres.
Et la mythologie s'installe pour de bon. Mignola sème ici les fils qu'il mettra vingt ans à tirer — la prophétie, la main droite, l'origine de Hellboy — sans jamais tout expliquer. Ce refus de dire est sa marque de fabrique, et c'est ce qui a fait tenir la série aussi longtemps. Ce n'est pas un hasard si c'est ce tome-là que del Toro a le plus pillé pour son film.
✓ Ce qui fonctionne
- Le tome où Mignola trouve définitivement sa noirceur
- Aplats de noir et théâtre d'ombres : un sommet graphique
- Une mythologie semée sans jamais être surexpliquée
- La source principale du film de Guillermo del Toro
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- L'humour du premier tome manque un peu à l'appel
« Ce n'est plus du comics d'horreur : c'est de la gravure et du théâtre d'ombres. »
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