🎵 MUSIQUE

ALONE WITH HEAVEN

Genres : Rock
ALONE WITH HEAVEN
💤 SOPORIFIQUE2/5
LE SCREAMO QUI A PRIS SON TEMPS

The Saddest Landscape est un groupe de screamo né en 2002 à Boston. Il s'arrête en 2005, revient en 2009 et sort en 2015 Darkness Forgives, son cinquième album. Puis plus rien pendant plus de dix ans. Une première version du suivant est enregistrée en 2017, avant que le groupe ne décide de tout recommencer. Entre-temps, le batteur historique Aaron Neigher annonce en 2017 qu'il va être père, les ennuis de santé s'accumulent (le guitariste Daniel Danger raconte avoir failli y rester), et les membres se dispersent : Andy Maddox est le seul à vivre encore près de Boston.

Alone With Heaven sort finalement le 24 avril 2026 chez Iodine Recordings. Il a été enregistré un peu partout : l'essentiel avec Jack Shirley à Oakland, en Californie, qui le mixe et le masterise, mais aussi avec Steve Albini à l'Electrical Audio de Chicago, l'un des derniers projets de l'ingénieur avant sa mort en 2024. Le morceau-titre a été écrit en pensant à sa salle d'enregistrement, et Daniel Danger y a joué sur « la guitare de Big Black », l'ancien groupe d'Albini. Trois batteurs se partagent le disque, un violoncelle et une scie musicale s'invitent, et trois voix aussi : Julien Baker sur « The Invisible Hurt », Jeremy Bolm sur « Hold Until It Hurts » et Evan Weiss (Into It. Over It.) sur « Where Angels Ascend ».

Seize titres, 50 minutes, un double vinyle : il y a eu un peu de pression pour le sortir en deux volumes, raconte Maddox, mais le label a soutenu le choix d'un seul disque. Maddox le pense comme un tout, à la manière de The Downward Spiral ou de Disintegration : les interludes reprennent des mélodies de l'album, « A Badge of Sorrow » trouve sa réponse dans « A Badge of Hope », et le disque se termine, dit-il, sur des points de suspension. Au programme : la survie, le deuil, la douleur qui suit et l'espoir fragile. La démo envoyée à Julien Baker s'appelait « JULIEN HOPEFUL » ; elle a accepté, en réclamant une voix plus laide et plus agressive.

La pochette, une photo de Joanna Araujo dirigée par Daniel Danger (qui a travaillé pour The Cure, Nine Inch Nails ou Guillermo del Toro), montre des mains aux ongles noirs serrant des roses séchées sur de la dentelle : funèbre, et pourtant « très vivante », dit-il. Pas de page Metacritic pour ce disque de niche, mais un accueil chaleureux : BrooklynVegan salue un album « magistralement enchaîné » où chaque invité marque, New Noise un disque qui « saigne la sincérité », et les internautes de Sputnikmusic lui donnent 3,9 sur 5 (72 notes).

✓ Ce qui fonctionne

  • Un double album pensé comme un tout, interludes compris
  • Julien Baker en invitée, voix volontairement plus rugueuse
  • L'un des derniers enregistrements de Steve Albini
  • Une pochette funèbre et pourtant très vivante

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Seize titres de screamo : pas pour les oreilles fragiles
  • Un double album de 50 minutes qui demande de l'attention
« Dix ans et demi d'attente, une première version jetée, et un double album qui se tient d'un bout à l'autre. Ça valait la peine d'attendre. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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