THE WEATHERVANE IS MY BODY
Les deux fondateurs de Truck Violence se sont rencontrés loin de Montréal : Karsyn Henderson, au chant, et Paul Lecours, à la guitare et au banjo, étaient au lycée à Lac La Biche, une petite ville pétrolière de l'Alberta. C'est à Montréal, où ils s'installent en 2020, que le groupe prend forme. Leur premier album, Violence, sort en juillet 2024 chez Mothland, mêle hardcore et folk et récolte 8 sur 10 chez Pitchfork. Au moment de sa sortie, le groupe vient de perdre sa maison dans un incendie. Le groupe tourne aujourd'hui à quatre, avec Chris Clegg à la basse (et au banjo, lui aussi) et, depuis l'après-Violence, Thomas Hart à la batterie et à la guitare slide.
The weathervane is my body, le deuxième, sort le 26 juin 2026 chez The Flenser, label de San Francisco (Mothland au Canada). Tout est fait maison : composition, enregistrement, mixage et visuels. Lecours enregistre et produit le disque dans le home studio du père de Chris Clegg, à Mont-Saint-Hilaire, au Québec, avec du matériel loué. Ingénieur du son autodidacte, Lecours le dit sans détour : « J'ai tout appris sur YouTube et Google. » Le son y gagne en netteté, note Premier Guitar : le premier album avait été enregistré dans l'appartement du groupe. Neuf titres, 32 minutes, et un texte de présentation qui s'ouvre sur Plutarque : c'est auprès des hommes qu'on apprend à parler, auprès des dieux qu'on apprend à se taire.
« New Jesus », le premier extrait, est selon Henderson une diatribe contre la dérive fasciste au sud de la frontière canadienne, et pas seulement. « Your name, it's walking » parle du rapport d'Henderson à son prénom de naissance, après un parcours difficile avec le genre et l'identité. Et selon Spectrum Culture, « House caught fire » revient sur l'incendie de 2024. Le titre de l'album n'a pas, à notre connaissance, été expliqué par le groupe, mais la pochette dit tout, selon lui : c'est « l'album en une seule image ». Une photo argentique prise sur l'avenue du Parc, à Montréal : un personnage torse nu juché sur une petite maison de style québécois, bâtie à la main avec des matériaux de récupération et posée en pleine ville. « Un objet rural lâché dans la crasse de la ville », résume le groupe.
Pitchfork (7,4/10) l'entend jouer plus fort, finir sur une pointe d'emo du Midwest, mais regrette que le banjo passe au second plan. The Line of Best Fit (8/10) salue une vision plus étouffante, avec une lueur au bout, tout en trouvant le folk trop souvent écrasé par le hardcore. Cult MTL (8,5/10) admire un mélange de styles à la fois splendide et désordonné, PopMatters (7/10) un net progrès. Distorted Sound (7/10) le trouve un peu court, et FLOOD, qui le rapproche de Chat Pile, peu clair dans ses idées. Les internautes de Sputnikmusic lui donnent 3,6 sur 5 (35 notes). Passé par le Roadburn, aux Pays-Bas, en avril, puis par Montreuil en juillet, le groupe ne joue plus qu'aux États-Unis et au Canada d'ici la fin de l'année.
✓ Ce qui fonctionne
- Un hardcore qui ose le banjo et la guitare slide
- Fait maison de bout en bout, jusqu'à la pochette
- Des textes à vif, de la dérive fasciste à l'identité de genre
- Un net progrès sur le premier album, selon PopMatters
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un folk trop souvent écrasé par le hardcore, selon The Line of Best Fit
- Un peu court, avec des passages folk sans direction, selon Distorted Sound
« Une maison brûlée, un home studio familial et un banjo noyé dans le bruit : Truck Violence refuse de choisir entre la plaine et la ville. »
🎧 L'album en streaming
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