🎵 MUSIQUE

SHOT IN THE DARK

Genres : Électro
SHOT IN THE DARK
💤 SOPORIFIQUE3/5
LE COUP D'ESSAI D'UN DJ QUI APPREND SON MÉTIER

Avant d'être un nom, Laurent Garnier a été un client de l'Haçienda. Né en 1966 à Boulogne-Billancourt, il part à Londres comme serveur à l'ambassade de France, puis s'installe à Manchester, où il découvre en 1987 le club de la ville et son DJ, Mike Pickering. Il finit par y mixer lui-même, sous le nom de DJ Pedro. Rentré en France en 1988 pour son service militaire, il séjourne ensuite à New York, où il découvre Frankie Knuckles, puis fait partie des premiers à jouer de la techno à Paris, au Palace et au Boy. Au Rex Club, il anime les soirées Wake Up, que les Dance Awards britanniques sacreront meilleur club. Quand le label dance de Fnac Music disparaît, il fonde en 1994 F Communications avec Éric Morand, ancien directeur artistique de ce label de la Fnac.

Shot in the Dark sort le 24 octobre 1994. Garnier le revendique comme un travail solitaire : tout est écrit, produit et mixé au Wake Up Lab, à Paris, et personne ne l'a aidé, assurait-il à Mixmag au moment de la sortie. Le principe : chaque morceau rend hommage à un sous-genre de la dance ou à un DJ admiré, et correspond à un moment de la nuit ou de sa vie. Onze titres et plus de 76 minutes sur CD, de « Shapes Under Water » à « Track for Mike », en passant par « Astral Dreams », sorti en single, ou « Geometric World », dédié à Manu Le Malin. Le double vinyle remplace « Astral Dreams » par un autre titre, « Silver String ». Sur la pochette, conçue par Geneviève Gauckler, une grande forme géométrique sombre flotte sur un fond violet.

L'accueil britannique est chaleureux : John Peel l'invite sur Radio One, l'album entre à la 87e place des ventes au Royaume-Uni et se vend, selon RFI, à 70 000 exemplaires dans une vingtaine de pays. La critique reste plus réservée. AllMusic (2/5) estime que Garnier suit le modèle des pionniers, rarement à la hauteur des attentes, et qu'il apprend encore son métier. RFI parlera plus tard d'un premier album maladroit, trop marqué par la piste de danse, et les Inrockuptibles d'un disque timoré qui manquait sa cible. PopMatters, à l'inverse, y voyait en 2000 un régal d'inventivité.

Le public de SensCritique lui donne 6,6/10, soit 3💤 : la note d'un brouillon, celui d'un DJ qui apprend à devenir compositeur. Trois ans plus tard, 30 lui vaudra la toute première Victoire de la musique de l'album dance.

✓ Ce qui fonctionne

  • Un vrai disque d'auteur : écrit, produit et mixé seul, au Wake Up Lab
  • « Astral Dreams » et « Geometric World », de la techno taillée pour la nuit
  • Un hommage sincère aux styles et aux DJ qu'il admire
  • 70 000 exemplaires dans une vingtaine de pays, selon RFI

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Un disque qui suit ses modèles, rarement à la hauteur des attentes, selon AllMusic
  • Un disque « tellement machine à danser » qu'il en fatigue certaines oreilles, selon RFI
« Un DJ seul dans son labo, qui salue les styles et les DJ qu'il admire : le brouillon appliqué d'un futur maître. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

🎧 L'album en streaming

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Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 1 OCTOBRE 2026
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