TALES OF A KLEPTOMANIAC
Depuis The Cloud Making Machine (2005), le décor a changé. F Communications, le label fondé avec Éric Morand, a suspendu ses activités en 2008, et Garnier a quitté la région parisienne pour le sud de la France. C'est là, dans le studio installé au rez-de-chaussée de sa maison de campagne, face aux vignes, qu'il enregistre l'essentiel de son cinquième album, avec les musiciens de son groupe de scène et son ingénieur de longue date, Scan X, raconte Resident Advisor. Il réduit aussi ses sets de DJ à deux week-ends par mois. Le disque sort le 11 mai 2009 chez [PIAS].
Le titre est un aveu. Garnier explique aux Inrockuptibles qu'il pourrait citer, pour chaque morceau, les chansons qui l'ont inspiré, et présente l'album comme un bilan qui assume toutes ses racines, de la blaxploitation à l'afrobeat. « No Musik, No Life » échantillonne « No Music » de Skyy, un disque acheté chez Champs Disques, à Paris, l'étiquette de prix encore collée dessus. Douze titres et plus d'une heure quinze sur CD, avec un vrai groupe : le saxophone de Philippe Nadaud, les claviers de Benjamin Rippert, la batterie d'Arnaud Rippert. Au micro, MicFlow sur « Freeverse (Part 1) », le MC sud-africain Tumi sur la deuxième partie, le chanteur de reggae jamaïcain Winston McAnuff sur « Food for Thought ». À Resident Advisor, Garnier le disait beaucoup moins « techno », plus joyeux et plus funky, et revendiquait une influence dubstep. « Back to My Roots » était paru un an plus tôt chez Innervisions, et « Gnanmankoudji » sort en single en mars 2009.
Pour Resident Advisor, c'est sans doute son travail le plus complet à ce jour, varié et bien fait, même si ce n'est pas un disque pour puristes de la techno. Le webzine dMute n'y trouve pas de morceau révolutionnaire, mais un ensemble convaincant ; TranceCritic regrette l'absence d'un grand classique capable de toucher au-delà des amateurs du genre. La tournée qui suit s'achève le 13 mars 2010 par un concert à la Salle Pleyel, présenté comme le premier concert de musique électronique de la salle, et publié en DVD sous le titre It's Just Musik.
L'album entre à la 45e place en France. Le public de SensCritique lui donne 6,8/10, soit 3💤 : le disque d'un musicien entouré de son groupe, qui préfère le groove à la transe.
✓ Ce qui fonctionne
- Un album-bilan qui assume toutes ses racines, du funk à l'afrobeat
- Tumi, Winston McAnuff et MicFlow au micro
- Un vrai groupe autour de lui : Philippe Nadaud, Benjamin et Arnaud Rippert
- Sans doute son travail le plus complet, selon Resident Advisor
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Pas de morceau révolutionnaire, note dMute
- Pas de grand classique capable de toucher au-delà des amateurs du genre, regrette TranceCritic
« Garnier vide ses poches de kleptomane : funk, afrobeat, dubstep et techno, chapardés avec assez de goût pour qu'on lui pardonne. »
🎧 L'album en streaming
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