🎵 MUSIQUE

ORACULAR SPECTACULAR

MGMT • 2007
Genres : Pop Électro Rock
ORACULAR SPECTACULAR
💤 SOPORIFIQUE2/5
ROCK STARS POUR DE RIRE, TUBES POUR DE VRAI

Andrew VanWyngarden et Ben Goldwasser se rencontrent en première année à l'université Wesleyan, dans le Connecticut. « On n'essayait pas de monter un groupe, on traînait ensemble et on se faisait écouter de la musique », racontait Goldwasser. Ils s'appellent d'abord The Management, enregistrent des démos entre noise rock et électro, puis abrègent en MGMT parce que le nom est déjà pris. « Kids » se joue déjà en 2003 sur le campus. Quand Columbia les appelle, ils croient à une blague ; le label les signe à l'automne 2006.

Pour leur premier vrai album, ils s'offrent Dave Fridmann, le producteur des Flaming Lips, et enregistrent en mars et avril 2007. « Time to Pretend » ouvre le disque comme un manifeste : deux étudiants qui s'imaginent en rock stars, dans une chanson qui, selon Rolling Stone, se moque des clichés de la vie de rockeur. Sa musique, racontaient-ils, leur a été inspirée par une mante religieuse qui aimait danser sur les Clash dans leur maison d'étudiants. Suit « Electric Feel », écrit principalement en 6/4, une mesure rare en pop, puis « Kids », que Rolling Stone décrivait comme un bœuf de synthés bruyant à la New Order. La seconde moitié bascule dans un space rock plus brumeux.

Le succès vient lentement mais sûrement : jamais plus de 17 000 exemplaires par semaine, mais au moins 2 000 chaque semaine de janvier 2008 à avril 2010, au point de finir double disque de platine aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le NME en fait le meilleur album de 2008, Rolling Stone le 18e de la décennie. Le remix d'« Electric Feel » par Justice décroche un Grammy, « Kids » est nommé à son tour, et sa vidéo amateur, tournée par un étudiant de l'USC, dépasse les 53 millions de vues. Même la politique française s'en mêle : l'UMP de Nicolas Sarkozy utilise « Kids » sans autorisation lors d'un congrès en 2008, propose un euro symbolique en dédommagement, puis finit par payer 30 000 euros, que le groupe reverse à des organisations de défense des droits des artistes.

Tout n'est pas aussi brillant que les trois singles. PopMatters regrettait une seconde moitié qui s'installe dans un space rock plus monotone, sans morceau ni mélodie qui se détachent vraiment. Mais 40 minutes, trois tubes et une ambiance de fin de nuit sur la plage, comme sur la pochette : MGMT a mis en musique le rêve et la gueule de bois d'une génération d'étudiants. Rolling Stone l'a d'ailleurs fait entrer dans ses 500 plus grands albums de tous les temps.

✓ Ce qui fonctionne

  • « Time to Pretend », « Electric Feel », « Kids » : trois tubes sur un seul disque
  • Une production psychédélique signée Dave Fridmann, producteur des Flaming Lips
  • Une moquerie des clichés de rock star qui a fini par en fabriquer deux
  • 40 minutes à peine, ramassées et efficaces

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Une seconde moitié plus brumeuse, sans morceau qui se détache (reproche de PopMatters)
  • Après trois tubes pareils, le reste paraît forcément plus pâle
« MGMT chantait ses rêves de rock star pour rire. Trois tubes plus tard, la blague était devenue sérieuse. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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