APOLOGIES ARE FOR THE WEAK
Miss May I naît en 2007 à Troy, dans l'Ohio, autour de Levi Benton au chant, de B.J. Stead et Justin Aufdemkampe aux guitares et de Jerod Boyd à la batterie. Le bassiste d'origine, Ryan Neff, part dès 2007 ; Josh Gillespie le remplace à la basse et au chant clair. Après un EP autoproduit, puis une démo où figurent déjà « Architect » et « Tides », Rise Records signe le groupe fin 2008. Ses membres sont encore au lycée : un ou deux labels voulaient qu'ils quittent l'école, Rise est le seul à accepter d'attendre le diplôme, racontait Levi Benton à Metal Hammer en 2017.
Selon lui, 80 % du disque vient de maquettes enregistrées chez un ami quand ils avaient 15 ans, et le label leur fait réenregistrer six morceaux. Le diplôme et la sortie tombant tous deux en juin, ils roulent pendant environ un mois deux heures après les cours jusqu'au studio, rentrent à 4 heures du matin et retournent en classe. Le studio, c'est la Foundation Recording Studio de Joey Sturgis, à Connersville, dans l'Indiana : il produit, mixe et cosigne la musique de « A Dance with Aera Cura » et « Not Our Tomorrow ». Benton écrit les paroles, Gillespie tient la basse et le chant clair sur son seul album avec le groupe. Apologies Are for the Weak sort le 23 juin 2009 chez Rise : dix titres, 34 minutes, sous une pochette de Dan Mumford.
Revolver, qui le range en 2021 parmi les dix albums de metalcore essentiels de 2009, y entend des riffs à la Unearth, des hurlements à s'arracher la gorge et des breakdowns portés par la double pédale, entre deathcore de première vague et refrains metalcore. Rockfreaks pense à Bring Me the Horizon pour les cris de Benton, à As I Lay Dying pour le chant clair de Gillespie, et salue la précision de Jerod Boyd. « Forgive and Forget », premier clip tiré de l'album, figure sur la bande originale de Saw VI en 2009, et le morceau-titre passe sur une radio du jeu Saints Row: The Third en 2011. En 2009, « Architect » et « A Dance with Aera Cura » étaient incontournables sur Myspace, se souvient Revolver.
Rockfreaks (7/10) parle d'un plaisir coupable : des riffs si nombreux qu'on s'y perd, des breakdowns en série, une construction en copier-coller, de quoi plaire aux ados et faire fuir les puristes. Avec le recul, Revolver le juge frais et novateur pour l'époque, mais note que la production n'a jamais été son point fort et qu'il sonnait déjà daté vers 2012. L'album n'entre pas au Billboard 200 mais se classe 29e du classement Heatseekers de Billboard. En 2024, pour ses 15 ans, le groupe le réenregistre en entier chez Solid State, avec des invités de Bleeding Through, August Burns Red ou Fit for a King. Le public de SensCritique lui accorde 6,3/10 sur 29 notes, soit 3💤.
✓ Ce qui fonctionne
- Un premier album bouclé entre les cours et le studio, l'année du diplôme
- « Forgive and Forget » sur la BO de Saw VI, le morceau-titre dans Saints Row: The Third
- Frais et novateur pour l'époque selon Revolver, avec des riffs à la Unearth
- La précision du batteur Jerod Boyd, saluée par Rockfreaks
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Trop de riffs et une construction en copier-coller pour Rockfreaks (7/10)
- Une production jamais à la hauteur et un son daté dès 2012, selon Revolver
« Enregistré par des lycéens entre la sortie des cours et 4 heures du matin, Apologies Are for the Weak est un pur produit du metalcore de l'ère Myspace, breakdowns compris. »
🎧 L'album en streaming
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