RISE OF THE LION
Après At Heart et deux ans de tournées, Levi Benton veut écrire moins sur lui-même. Il garde une énorme boîte de lettres de fans, qui racontent souvent comment les chansons du groupe les ont aidés à traverser des moments difficiles : il décide d'écrire les nouveaux textes de leur point de vue, expliquait-il à Loudwire en 2014. Beaucoup de ces histoires sont tristes, et les écrire à leur place a été dur, ajoutait-il en 2017 dans Metal Hammer. En décembre 2013, le groupe cherche même un fan prêt à se faire tatouer son lion pour la pochette.
Pour la production, Miss May I s'offre Terry Date, qui a travaillé avec Pantera, Deftones et White Zombie. Tout le groupe est fan de Pantera, expliquait Benton à Metal Hammer en 2014 : Date, c'était la Bentley des producteurs, quand le groupe ne pouvait jusque-là s'offrir qu'une Ford. L'album est enregistré en 2013 au Studio X de Seattle, à l'ancienne, avec des voix passées dans des pédales d'effets, au moment où sort le très numérique Sempiternal de Bring Me the Horizon. Le line-up ne change pas : Benton au chant, Ryan Neff à la basse et au chant clair, B.J. Stead et Justin Aufdemkampe aux guitares et aux chœurs, Jerod Boyd à la batterie ; Ted Jensen assure le mastering. Rise of the Lion sort le 29 avril 2014 aux États-Unis chez Rise Records : dix titres, 36 minutes, avec deux titres bonus chez Best Buy et deux autres chez Target.
Premier extrait, « Gone » parle de chagrin d'amour ; son clip filme la séance de tatouage du lion qui orne la pochette. Suit « Echoes ». Benton le présentait comme le disque le plus varié du groupe, de loin. Metal Hammer y relève un solo de guitar hero sur « You Want Me » et une nouvelle voix saturée de Benton, inspirée du black metal ; Rock Sins, les refrains de Ryan Neff sur « Gone » et « Lunatik », une influence de Lamb of God sur « Hero with No Name » et des guitares mélodiques à la Trivium.
Metal Hammer (4/5) n'hésite pas : le meilleur album de la carrière de Miss May I, un disque de metal phénoménal, dont la production doit plus à Pantera qu'à Bring Me the Horizon. Alternative Press et HM Magazine lui donnent aussi 4/5, selon Wikipédia, et Rock Sins (8/10) salue un groupe qui s'écarte bien plus qu'avant de la formule metalcore, tout en notant que le riff de « Refuse to Believe » ressemble étrangement à « In Due Time » de Killswitch Engage et qu'une recette reste visible. L'album entre à la 21e place du Billboard 200, qu'aucun des trois albums suivants n'égalera, avec environ 10 000 exemplaires la première semaine, moins qu'At Heart, classé 32e. Mais en 2017, Benton le qualifiait de disque le plus controversé auprès des fans, à cause de la façon dont il a été enregistré. Les internautes de Sputnikmusic lui donnent 1,9 sur 5 (293 notes), soit 4💤.
✓ Ce qui fonctionne
- Terry Date, le producteur de Pantera, aux manettes
- Des paroles écrites à partir des lettres de fans
- Le meilleur album de leur carrière pour Metal Hammer (4/5)
- 21e au Billboard 200, une place que les trois albums suivants n'égaleront pas
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un riff d'ouverture trop proche de Killswitch Engage et une recette encore visible pour Rock Sins (8/10)
- Le disque le plus controversé auprès des fans, de l'aveu de Levi Benton
« Le producteur de Pantera, des paroles tirées du courrier des fans et un lion tatoué en pochette : Metal Hammer applaudit, les internautes de Sputnikmusic beaucoup moins. »
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