DEATHLESS
En 2015, Miss May I n'a pas changé d'équipe depuis le retour du bassiste et chanteur clair Ryan Neff en 2009 : Levi Benton hurle, B.J. Stead et Justin Aufdemkampe tiennent les guitares, Jerod Boyd la batterie. Le groupe de Troy, dans l'Ohio, a sorti son premier album chez Rise Records quand ses membres étaient encore au lycée, et ses trois derniers disques sont montés chaque fois plus haut dans les classements. Le dernier en date, Rise of the Lion, produit par Terry Date à Seattle, est entré à la 21e place du Billboard 200 en 2014, son meilleur classement jusque-là.
Pour ce cinquième album, le groupe retourne chez Joey Sturgis, le producteur de ses deux premiers disques, à la Foundation Recording Studio de Connersville, dans l'Indiana, avec en coproducteur Nick Sampson, qui a travaillé avec Asking Alexandria. Levi Benton parle de près d'un an de travail ; les sessions sont bouclées fin avril 2015. Deathless sort le 7 août 2015 chez Rise Records : dix titres, 36 minutes. « I.H.E. » est offert avec chaque précommande dès le 17 juin ; lui et le morceau-titre ont chacun droit à un clip, et le groupe passe l'été sur le Vans Warped Tour.
Le titre, explique Benton, vient des deux années qui ont mis le groupe à l'épreuve et dont il est sorti plus fort : Miss May I se déclare increvable. L'ouverture « I.H.E. » est l'acronyme de « I hate everything, I hate everyone », pas exactement de la poésie, s'amuse Screamer Magazine, qui y voit un album sur la trahison et la rédemption et retient les riffs thrash de « Turn Back The Time ». Metal Hammer salue un retour au son plus rugueux et plus lourd des débuts, avec juste assez de vernis pour que « I.H.E. », « Psychotic Romantic » et le morceau-titre sonnent taillés pour les arénas.
Metal Hammer (4/5) y entend un groupe au sommet de sa forme, porté par Benton, l'un des hurleurs les plus sous-estimés du metal, même si le disque s'essouffle vers la fin. Exclaim! (3/10) ne lui pardonne rien : un groupe qui n'a pas compris que la vague néo-metalcore, gadget et surproduite, s'est échouée en 2010, des paroles juvéniles sur « Trust My Heart (Never Hope To Die) » et « Psychotic Romantic », et au bout du compte un fouillis kitsch et terne. Metal Injection rappelle que Throwdown et Revocation avaient déjà sorti un album nommé Deathless, et entend des riffs volés à As I Lay Dying. Rock Sound le classe pourtant 45e de ses 50 meilleures sorties de 2015, selon Wikipédia. L'album entre à la 49e place du Billboard 200 et à la 2e des albums hard rock ; ce sera le dernier du groupe chez Rise. Le public de SensCritique lui accorde 6,9/10 sur 20 notes, soit 3💤.
✓ Ce qui fonctionne
- Le retour de Joey Sturgis, producteur des deux premiers albums
- Un groupe au sommet de sa forme pour Metal Hammer (4/5)
- 45e des 50 meilleures sorties de 2015 pour Rock Sound
- Entré 49e au Billboard 200 et 2e des albums hard rock
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un fouillis kitsch et terne aux paroles juvéniles pour Exclaim! (3/10)
- Un titre déjà pris par Throwdown et Revocation, et des riffs empruntés à As I Lay Dying selon Metal Injection
« « I hate everything, I hate everyone » : Miss May I se proclame increvable, et la critique se coupe en deux. »
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