PAINKILLER
Été 1990 : Judas Priest sort d'un procès hors norme. Le groupe est poursuivi au civil, accusé d'avoir poussé par sa musique deux jeunes hommes de Reno, dans le Nevada, à tenter de se suicider en décembre 1985 ; on parle de messages subliminaux. Les audiences s'ouvrent le 16 juillet, l'affaire est classée le 24 août, et le groupe est déclaré non responsable. Painkiller, terminé depuis mars, attendait la fin de ce feuilleton pour sortir : il arrive dans les bacs en septembre 1990.
Le vrai choc est derrière les fûts. Scott Travis, venu de Racer X à Los Angeles, remplace Dave Holland, et son usage intensif de la double pédale donne au groupe de Birmingham un son plus lourd et plus rapide, aux frontières du speed metal. Glenn Tipton et K. K. Downing enchaînent les riffs et les solos, Rob Halford monte dans les aigus. Enregistré au studio Miraval, dans le sud de la France, au début de 1990, puis mixé aux Pays-Bas, l'album est coproduit par le groupe et Chris Tsangarides, avec qui Judas Priest n'avait plus travaillé depuis Sad Wings of Destiny, en 1976. Don Airey tient les claviers sur « A Touch of Evil ».
Pour Halloween, la pochette de Mark Wilkinson fait le travail : le Painkiller, un messie de métal envoyé sur Terre pour détruire les démons, chevauche une moto au châssis de dragon dont les roues sont des scies circulaires. Steve Huey, d'AllMusic, entend Halford hurler « comme une méchante sorcière », dans la performance peut-être la plus malveillante de sa carrière, et compare ce retour à celui du boxeur George Foreman. Le morceau-titre devient un pilier des concerts.
Disque d'or aux États-Unis en janvier 1991, nommé aux Grammy Awards (battu par la reprise de « Stone Cold Crazy » de Queen par Metallica), Painkiller sera aussi le dernier album avec Halford avant longtemps : le chanteur quitte le groupe en mai 1992 pour fonder Fight et ne revient qu'en 2005, avec Angel of Retribution. Le public de SensCritique lui accorde 7,7/10 sur 1 624 notes, soit 2💤.
✓ Ce qui fonctionne
- Scott Travis et sa double pédale, un nouveau moteur
- Halford au sommet de la menace vocale
- La pochette du Painkiller, messie de métal à moto
- Un morceau-titre devenu pilier des concerts
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Une basse en grande partie doublée au synthétiseur Minimoog par Don Airey
- « Metal Meltdown » et « Leather Rebel », vite abandonnés sur scène
« Un procès pour messages subliminaux derrière lui, un messie de métal sur une moto à scies circulaires devant : Judas Priest avait des comptes à régler, et il les a réglés à la double pédale. »
🎧 L'album en streaming
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