RE-ANIMATOR
Stuart Gordon trouvait qu'il y avait trop de Dracula et pas assez de Frankenstein. Un ami lui parle de « Herbert West, réanimateur », une nouvelle de H. P. Lovecraft parue en 1922 et épuisée depuis longtemps : il la lit à la bibliothèque publique de Chicago. Le projet passe par une idée de pièce de théâtre, puis un pilote télé d'une demi-heure, puis une série d'une heure en 13 épisodes, avant que le producteur Brian Yuzna ne le convainque d'en faire un long métrage tourné à Hollywood. Herbert West, étudiant à l'université Miskatonic d'Arkham, y invente un réactif qui ramène les morts, dans un état peu fréquentable.
Le tournage démarre le 28 novembre 1984, prévu sur six semaines, et Gordon se vante de l'avoir bouclé en quatre. Le maquilleur John Naulin travaille d'après des photos de la morgue du comté de Cook et un manuel de médecine légale pour les teintes de peau des cadavres. Lui qui n'avait jamais dépassé quelques gallons de faux sang par film en utilise douze fois plus. Le fameux liquide vert ? Du luminol. Le docteur Hill décapité qui promène sa propre tête oblige Tony Doublin à changer de technique à chaque scène. Selon le scénariste Dennis Paoli, la première version du script ne contenait pas une once d'humour : il est arrivé en route. Et la musique de Richard Band pastiche Psychose, de son propre aveu.
Sorti sans visa de la MPAA, par peur d'un classement X, le film rapporte 2 023 414 dollars en Amérique du Nord pour un budget de 900 000, puis fait sa fortune en vidéo. En France, sorti le 12 mars 1986, il attire 635 284 spectateurs et décroche une mention spéciale horreur à Avoriaz. Pauline Kael parle de « Buñuel pop », Roger Ebert lui donne trois étoiles sur quatre. Ce qui coince : des fans de Lovecraft y ont vu une profanation, la scène où la tête du docteur Hill s'en prend à Megan, attachée nue, reste dure à avaler, et la valse des montages (non classé, version R expurgée, montage intégral de près de 105 minutes) a de quoi perdre le spectateur.
Sur TMDB, 7,06/10 pour 1 753 votes : 3💤. Une seringue verte plantée dans le cœur du film de zombies, et un fou rire qui va avec.
✓ Ce qui fonctionne
- Jeffrey Combs, savant fou glacial et inoubliable
- Un gore artisanal généreux, sang à la louche
- Un humour noir pince-sans-rire qui fait mouche
- Une adaptation plus fidèle à Lovecraft qu'on ne le croit
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Une scène avec la tête coupée franchement dérangeante
- Plusieurs montages qui sèment la confusion
« Le seul cours de médecine où l'on rate l'examen en réussissant l'expérience. »
📺 Où le regarder
Aucune offre de streaming, de location ni d'achat connue en France au 06/11/2026, selon JustWatch.
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