📚 BD

BATMAN : ARKHAM ASYLUM

BATMAN : ARKHAM ASYLUM
💤 SOPORIFIQUE2/5
BATMAN CHEZ LES FOUS, ET PAS EN VISITEUR

Le 1er avril, le commissaire Gordon prévient Batman : menés par le Joker, les patients de l'asile d'Arkham ont pris le contrôle des lieux et menacent de tuer le personnel s'il ne vient pas. Le Joker lui laisse une heure d'avance dans une partie de cache-cache, avant de lâcher la meute. En parallèle, le journal du fondateur, Amadeus Arkham, raconte comment l'asile est né d'une tragédie familiale. Pour son premier Batman, en 1989, Grant Morrison part de quelques paragraphes de Len Wein sur l'histoire d'Arkham et emprunte son sous-titre, « A Serious House on Serious Earth », à un poème de Philip Larkin.

Morrison voulait quelque chose de plus proche d'un morceau de musique ou d'un film expérimental que d'une BD d'aventure, une réponse onirique au Batman « réaliste » des années Dark Knight et Watchmen. Le récit est construit comme une maison, le plan de l'asile s'inspire de l'abbaye de Glastonbury et de la cathédrale de Chartres. Dave McKean mélange peinture, dessin, photo et collage. Gaspar Saladino donne à chacun sa typographie : le Joker parle sans bulle, en lettres rouges éclaboussées d'encre. Double-Face, lui, a vu sa pièce remplacée par un dé puis par un jeu de tarot, au point de ne plus pouvoir décider d'aller aux toilettes. Quant à Robin, il a sauté du scénario, McKean refusant tout net de le dessiner.

Le succès est énorme : près d'un demi-million d'exemplaires vendus en 2004 selon la responsable éditoriale Karen Berger, le meilleur score d'un roman graphique original de super-héros aux États-Unis. Heath Ledger s'en est inspiré pour son Joker dans The Dark Knight, et le jeu vidéo Batman: Arkham Asylum en reprend le ton. Ce qui coince, ce sont ses auteurs qui le disent : Morrison a découvert que les lecteurs aimaient le dessin plus que l'histoire, le symbolisme a été jugé difficile à suivre, et McKean conclut que ces cases surpeintes entravent la narration.

Le public de SensCritique lui accorde 7,7/10 (3 371 notes), soit 2💤. Un Batman qu'on visite comme une maison hantée, à condition d'accepter de s'y perdre.

✓ Ce qui fonctionne

  • Les peintures et collages hallucinés de Dave McKean
  • Le Joker sans bulle, en lettres rouges éclaboussées
  • L'histoire d'Amadeus Arkham, qui hante tout le récit
  • Une inspiration revendiquée pour le Joker de Heath Ledger

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Un symbolisme jugé difficile à suivre
  • Scénariste et dessinateur en désaccord sur le résultat
« Le 1er avril, les fous ont pris l'asile. Et la blague, c'est Batman. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 17 OCTOBRE 2026
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