🎵 MUSIQUE

DOGREL

Genres : Post-punk Rock
DOGREL
💤 SOPORIFIQUE2/5
LE PUNK A L'ACCENT DE DUBLIN

Fontaines D.C., c'est une bande de poètes qui a branché des guitares. Grian Chatten, Carlos O'Connell, Conor Curley, Conor Deegan et Tom Coll se rencontrent au BIMM, une école de musique du quartier des Liberties à Dublin, se lient autour d'un amour commun de la poésie et vont jusqu'à autoéditer deux recueils de poèmes, Vroom et Winding. Le nom vient de Johnny Fontane, le chanteur du Parrain ; le « D.C. », pour Dublin City, a été ajouté quand ils ont découvert qu'un groupe de Los Angeles s'appelait déjà The Fontaines. Et le titre de l'album rend hommage au doggerel, la poésie populaire et ouvrière irlandaise, celle des gens ordinaires.

Tout Dogrel tient dans cette idée : de la poésie de rue, balancée à la vitesse du punk. Grian Chatten ne chante pas vraiment, il scande, avec un accent dublinois à couper au couteau, par-dessus des guitares tranchantes et une basse qui cogne. On pense à Joy Division et à The Fall, mais le disque a sa propre identité : c'est Dublin qui parle, sa grisaille, ses pubs, ses gamins qui rêvent de partir. « Big » ouvre l'album en moins de deux minutes comme un coup de poing sur le comptoir, « Boys in the Better Land » et « Too Real » sont des hymnes à reprendre en chœur, et « Dublin City Sky » referme le tout sur une chanson de fin de soirée à la Pogues, presque tendre.

Le producteur Dan Carey a eu la bonne idée de ne rien lisser : l'album a été enregistré live sur bande, et on entend cinq musiciens dans la même pièce, pas un empilement de pistes. Onze titres, moins de quarante minutes, aucun temps mort.

Le disque a valu au groupe une nomination au Mercury Prize dès 2019, et tout ce qui a suivi (A Hero's Death, Skinty Fia, Romance) en découle. Leur cinquième album, Dopamine Chamber, est annoncé pour le 16 octobre 2026 : c'est le moment ou jamais de revenir à la source. Dogrel a sept ans et n'a pas pris une ride.

✓ Ce qui fonctionne

  • Grian Chatten, qui scande plus qu'il ne chante, avec un accent dublinois à couper au couteau
  • Des textes de poètes, balancés à la vitesse du punk
  • « Big », « Too Real », « Boys in the Better Land » : des hymnes à reprendre en chœur
  • Enregistré live sur bande par Dan Carey : onze titres, moins de quarante minutes, aucun temps mort

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Un chant parlé et un accent qui peuvent dérouter à la première écoute
  • Des guitares tranchantes et une ambiance grise : pas le disque le plus ensoleillé de l'année
« De la poésie de rue, balancée à la vitesse du punk : c'est Dublin qui parle, et on n'a pas envie de lui couper la parole. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

🎧 L'album en streaming

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POST-PUNK DUBLIN DAN CAREY 2019
Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 29 SEPTEMBRE 2026
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