ZOMBIE
Les morts se relèvent partout et dévorent les vivants, et le pays sombre dans le chaos. Dans un studio de télévision en pleine panique, Fran et son compagnon Steve, pilote d'hélicoptère, décident de fuir avec l'appareil, rejoints par deux policiers d'une unité d'intervention, Peter et Roger. Le quatuor se pose sur le toit d'un centre commercial, le nettoie, le barricade et s'y installe : boutiques à volonté pendant que dehors, les zombies continuent d'errer par habitude devant les vitrines. Dix ans après La Nuit des morts-vivants, George A. Romero signe moins une suite qu'une extension à grande échelle de son apocalypse.
L'idée lui vient en visitant le Monroeville Mall, dans la banlieue de Pittsburgh, avec un ami dont la société gérait le complexe. Faute d'investisseurs américains, c'est Dario Argento, admirateur du premier film, qui l'aide à financer le projet en échange des droits internationaux. Le tournage se déroule de novembre 1977 à février 1978 dans le vrai centre commercial, en pleine période des achats de Noël : l'équipe ne peut tourner que la nuit, de 23 heures à 7 heures du matin. Tom Savini, qui avait manqué le premier film pour cause de Vietnam, signe des effets gore qui lanceront sa carrière ; le faux sang, acheté à la société 3M, vire à l'écran à un orange criard que personne n'avait prévu. Romero et Argento montent chacun leur version, celle d'Argento, plus violente, étant portée par la musique de Goblin.
La censure s'en donne à cœur joie. Aux États-Unis, classé X, le film sort sans classification pour préserver ses chances commerciales. En France, il devient le 8 mai 1980 le dernier des dix films classés X pour incitation à la violence et n'arrive en salles qu'en mai 1983, où la critique l'éreinte presque unanimement, à l'exception de revues spécialisées comme Starfix ou Mad Movies. Le public, lui, répond présent : environ 66 millions de dollars de recettes dans le monde. Roger Ebert lui accorde la note maximale et le classe parmi les meilleurs films d'horreur jamais tournés. Réhabilité en France dans les années 2000, il a inspiré un remake de Zack Snyder en 2004 et une ribambelle de clins d'œil, de Shaun of the Dead à Dead Rising.
Le public de SensCritique lui accorde 7,5/10 sur près de 9 000 notes, soit 2💤. Ce qui coince : un sang orange qui fait plus peinture que boucherie, et un milieu de film qui s'étire en séquences de lèche-vitrines. Mais c'est aussi là que la satire fait mouche : vivants et morts-vivants y tournent en rond devant les mêmes rayons.
✓ Ce qui fonctionne
- Une satire de la société de consommation toujours aussi mordante
- Les effets gore de Tom Savini, fondateurs
- Le centre commercial, décor de huis clos génial
- La musique de Goblin dans la version européenne
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un sang orange criard qui fait plus peinture que boucherie
- Un milieu de film qui s'étire en lèche-vitrines
« Des zombies qui font du lèche-vitrines par réflexe et des survivants qui jouent aux propriétaires : Romero a filmé la fin du monde un samedi après-midi au centre commercial. »
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