🎬 CINÉ

LA MOUCHE

Musique : Howard Shore
LA MOUCHE
💤 SOPORIFIQUE2/5
UNE HISTOIRE D'AMOUR QUI TOURNE MAL

Seth Brundle, scientifique aussi brillant qu'excentrique, montre à la journaliste Veronica Quaife son invention : des télépodes capables de téléporter un objet d'une cabine à l'autre. Les choses inertes passent, les êtres vivants beaucoup moins bien, comme en témoigne un babouin. Seth et Veronica tombent amoureux. Un soir, ivre et jaloux, Seth se téléporte lui-même, sans voir qu'une mouche s'est glissée avec lui dans la cabine. À la sortie, tout semble normal. Puis viennent l'énergie débordante, l'agressivité, d'étranges poils sur le dos et des ongles qui tombent.

David Cronenberg adapte la nouvelle de George Langelaan, déjà portée à l'écran en 1958 avec La Mouche noire, et réécrit le scénario de Charles Edward Pogue. Le film est produit par Brooksfilms, la société de Mel Brooks, qui voulait Pierce Brosnan dans le rôle principal ; Cronenberg refuse, et c'est Jeff Goldblum qui l'emporte, face à Geena Davis, sa compagne à la ville. À la demande de l'actrice, Cronenberg joue lui-même le gynécologue. Tourné à Toronto à partir de décembre 1985, le film doit tout aux maquillages de Chris Walas : une transformation découpée en sept étapes, conçue comme une métaphore du vieillissement, qui cloue Goldblum des heures durant au fauteuil de maquillage. Cronenberg s'étonnera que certains critiques y voient une parabole du sida, lui qui visait la maladie en général.

Sorti aux États-Unis le 15 août 1986, le film reçoit de bonnes critiques et rapporte plus de 60 millions de dollars dans le monde. En France, il obtient le prix spécial du jury à Avoriaz en janvier 1987, puis dépasse les 2,1 millions d'entrées. Chris Walas et Stephan Dupuis décrochent l'Oscar du meilleur maquillage ; Goldblum, lui, est oublié par l'Académie, au grand dam de Gene Siskel et Roger Ebert. La réplique « Be afraid. Be very afraid. », reprise comme slogan, est passée dans la culture populaire, et Cronenberg en a même tiré un opéra, créé au Théâtre du Châtelet à Paris en 2008.

Le public de SensCritique lui accorde 7,5/10 sur plus de 32 000 notes, soit 2💤. Ce qui coince : un dernier acte franchement répugnant, réservé aux estomacs solides, et un trio amoureux un peu schématique côté rédacteur en chef jaloux. Mais derrière les vomissures, Cronenberg filme une vraie histoire d'amour qui se décompose à vue d'œil.

✓ Ce qui fonctionne

  • Jeff Goldblum, bouleversant de bout en bout
  • Des maquillages oscarisés, d'un réalisme dérangeant
  • Une histoire d'amour au cœur du body horror
  • Une métaphore de la maladie qui frappe fort

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Un dernier acte réservé aux estomacs solides
  • Un rédacteur en chef jaloux un peu schématique
« Une cabine, une mouche, sept étapes de maquillage : Cronenberg a transformé un vieux récit de science-fiction en tragédie, et Jeff Goldblum en monstre qu'on n'arrive pas à détester. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 5 OCTOBRE 2026
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