PETIT VAMPIRE, TOME 1 : PETIT VAMPIRE VA À L'ÉCOLE
Petit Vampire va à l'école ouvre en 1999, chez Delcourt, une série que Joann Sfar écrit et dessine seul, avec les couleurs de Walter. Le point de départ tient en une idée de cour de récré : Michel, un orphelin élevé par deux grands-parents fantaisistes, s'aperçoit que ses devoirs se font sans lui pendant la nuit. Il glisse un mot dans son cahier, « Merci pour les exercices, qui es-tu ? », et reçoit la réponse la plus simple du monde : « Je suis un vampire ». Une correspondance commence entre deux petits garçons qui ne vivent pas aux mêmes heures.
Autour d'eux, Sfar installe une ménagerie de monstres qui font plus rire que peur. Petit Vampire, de son vrai nom Fernand, est le fils de Pandora, et sa bande compte le Capitaine des morts, ancien capitaine du Hollandais volant qui parle tout seul et écrit un opéra, Fantomate, un chien rose qui vole, Marguerite, sorte de créature de Frankenstein sans cerveau, Claude, un crocodile radioactif, et Ophtalmo, qui a trois yeux. Côté humains, le grand-père de Michel est rabbin, et lui sait très bien qui vient jouer avec son petit-fils une fois la nuit tombée.
C'est une série jeunesse, et elle l'assume. Le trait de Sfar est vif, les dialogues tombent juste, et l'humour ne recule pas devant le pipi-caca, comme le confirme le titre du cinquième tome, Petit Vampire et la Soupe de caca, prix jeunesse 7-8 ans au festival d'Angoulême 2004. Ce premier album pose surtout le ton de l'ensemble : l'épouvante comme terrain de jeu, jamais comme menace. Les amateurs de vrais frissons iront voir ailleurs, et un lecteur adulte en fera vite le tour.
La suite a donné raison à la petite créature : sept albums chez Delcourt jusqu'en 2005, une deuxième série chez Rue de Sèvres de 2017 à 2019, une série animée de 52 épisodes lancée sur France 3 le 25 octobre 2004 et un long-métrage d'animation en 2020. Le public de SensCritique accorde 7,3/10 à ce premier tome (235 notes), soit 2💤. Une porte d'entrée idéale dans l'épouvante pour les plus jeunes lecteurs.
✓ Ce qui fonctionne
- Un point de départ irrésistible : des devoirs faits la nuit par un vampire
- Une ménagerie de monstres plus drôles qu'effrayants
- Le trait vif de Joann Sfar, seul au scénario et au dessin
- Un univers assez riche pour avoir nourri une série animée et un film
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Une série jeunesse dont un lecteur adulte fait vite le tour
- Un humour pipi-caca qui ne fera pas rire tous les parents
« L'épouvante comme terrain de jeu, jamais comme menace : chez Sfar, le monstre qui rôde la nuit est surtout le meilleur copain qu'on puisse rêver d'avoir. »
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