MÉLUSINE, TOME 1 : SORTILÈGES
Mélusine paraît dans le Journal de Spirou et passe en album chez Dupuis en février 1995 avec ce premier tome, Sortilèges. Au scénario, François Gilson ; au dessin, Clarke ; aux couleurs, Cerise. Le principe tient en une ligne : une « jeune » sorcière de 119 ans, rousse et très douée en magie, travaille comme jeune fille au pair dans un château de Transylvanie, tout en suivant les cours d'une école de sorcellerie.
La série tient d'abord à son casting. La maîtresse de maison est le fantôme d'une femme au sale caractère, qui a horreur qu'on la traverse ; son mari, le comte Gonzague, est un vampire qui finit régulièrement en tas de cendres au premier rayon de soleil ; le majordome Winston ressemble furieusement à la créature de Frankenstein. Autour d'eux gravitent Cancrelune, la meilleure amie incapable de tenir sur un balai, la tante Adrazelle et sa soupe de crapauds, un loup-garou amoureux, un savant fou dans les sous-sols et un curé obsédé par l'idée de brûler toutes les sorcières des environs. À l'école, le professeur Haaselblatt fait passer les examens dans une salle de torture.
C'est de la BD de gags à l'ancienne, et c'est à la fois sa force et sa limite. Le dessin de Clarke est rond, lisible, sympathique, et le bestiaire classique de l'épouvante y sert de décor de comédie. Rien ne fait peur, tout est prétexte à la chute, et l'ensemble a un parfum de sitcom familiale du mercredi après-midi. Les gags finissent par suivre la même mécanique. Quand Clarke reprendra seul le scénario, à partir du tome 21, la série passera des gags aux aventures complètes et abordera des sujets bien plus graves, comme le divorce.
Mélusine aura tenu vingt-sept albums, jusqu'en 2019, avec un tome 8 sobrement intitulé Halloween, paru en octobre 2000. Le public de SensCritique accorde 6,4/10 à Sortilèges (1 816 notes), soit 3💤 : une note honnête pour un premier tome qui amuse sans marquer. À lire en famille, un soir d'octobre, avec un chocolat chaud plutôt qu'avec une lampe torche.
✓ Ce qui fonctionne
- Une héroïne sorcière attachante, au pair dans un château hanté
- Un bestiaire classique de l'épouvante détourné en comédie
- Le dessin rond et lisible de Clarke
- Une lecture idéale en famille
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Des gags mécaniques qui finissent par se ressembler
- Rien qui fasse vraiment frissonner
« Un château de Transylvanie, un vampire qui part en cendres au premier rayon de soleil et une sorcière au pair : l'épouvante version sitcom familiale. »
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