LES DÉMONS D'ALEXIA, TOME 1 : L'HÉRITAGE
Les Démons d'Alexia démarrent en février 2004 chez Dupuis, après une prépublication dans Spirou, qui avait accueilli la toute première aventure du personnage, un récit de six pages paru dans son numéro 3368. Vincent Dugomier écrit, Benoît Ers dessine. L'héroïne, Alexia, est une jeune femme d'une vingtaine d'années, exorciste débutante mais très douée, et au début de ce premier tome, elle cherche surtout du travail.
Elle en trouve au CRPS, le Centre de Recherche des Phénomènes Surnaturels, un organisme chargé par les autorités de protéger le monde des forces occultes tout en gardant le secret sur leur existence même. Le Centre a son histoire : il a été fondé en 1702 par William Stoughton, qui avait condamné à la pendaison les sorcières de Salem en 1692, et il est dirigé de père en fils par ses descendants. Dans un couloir trône une drôle de pièce de collection, le squelette de Sarah Perkins, sorcière de Salem. Peu après l'arrivée d'Alexia, les morts s'enchaînent, et le titre de l'album, L'Héritage, n'a rien d'innocent.
La série joue avec gourmandise des codes du fantastique, pentacles, runes et vieux savoirs occultes, et d'un faux historique à la frontière du vrai, publié à la fin du premier cycle, qui raccroche ses inventions à la chasse aux sorcières de Salem. Le trait d'Ers reste franco-belge et accessible, avec ce qu'il faut d'ombres pour que l'ambiance pèse. C'est un fantastique d'atmosphère plus que de choc, et les lecteurs biberonnés au gore le trouveront sage. Ce premier tome a aussi les défauts d'une ouverture de cycle, avec beaucoup de personnages et de règles à installer.
La série a tenu sept albums répartis en trois cycles, jusqu'à Chair humaine en 2011, et Dupuis en a publié une première intégrale en 2018. Le public de SensCritique accorde 7,2/10 à L'Héritage (215 notes), soit 2💤. Un bon fantastique franco-belge, pour qui préfère les sorcières de Salem aux citrouilles en plastique.
✓ Ce qui fonctionne
- Une héroïne exorciste qui cherche juste un emploi
- Le CRPS, institution occulte au passé lié à Salem
- Un faux historique malin, à la frontière du vrai
- Une ambiance pesante sans tomber dans le gore
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un tome d'ouverture chargé en personnages et en règles
- Un fantastique trop sage pour les amateurs d'horreur pure
« Une exorciste au chômage embauchée par un centre fondé par le juge des sorcières de Salem : il fallait bien que le passé finisse par remonter du couloir. »
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