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ALAN MOORE PRÉSENTE SWAMP THING, TOME 1

ALAN MOORE PRÉSENTE SWAMP THING, TOME 1
💤 SOPORIFIQUE2/5
LA PLANTE QUI SE CROYAIT HOMME

En 1983, The Saga of the Swamp Thing est un comic de monstre sans éclat, l'un des titres qui se vendent le moins chez DC. Len Wein, qui a créé la créature, a remarqué le travail d'Alan Moore en Grande-Bretagne et lui confie la série. Moore la reprend au numéro 20, daté de janvier 1984, avec les dessinateurs Stephen Bissette et John Totleben, puis Rick Veitch. Il la gardera jusqu'au numéro 64, en septembre 1987, et ce premier tome ouvre ce run devenu légendaire.

Dès son premier numéro, Moore fait table rase. La Sunderland Corporation traque la créature et l'abat sous une pluie de balles, et l'enquête qui suit révèle une vérité vertigineuse : Swamp Thing n'est pas Alec Holland transformé en plante, mais une entité végétale née à sa mort, qui a absorbé sa conscience et ses souvenirs, une plante qui faisait de son mieux pour être Alec Holland. La révélation, livrée par le savant fou Jason Woodrue, alias l'Homme floronique, plonge la créature dans une crise d'identité et fait basculer la série de la série B vers quelque chose de bien plus profond.

Moore enrichit son horreur gothique de préoccupations écologiques et sociales, nourries de recherches sur la culture de la Louisiane, où se déroule la série, et ressuscite les personnages surnaturels oubliés de DC, du Spectre au Démon. Son run verra aussi naître John Constantine, magicien prolo au physique calqué sur celui de Sting. Les planches de Bissette et Totleben, organiques et grouillantes, collent à cette ambition. Revers : le texte est très dense, les récitatifs abondent, et le lecteur pressé risque de s'y engluer comme dans un marécage.

Le succès critique et commercial a changé l'histoire de DC : Swamp Thing a été la première grande série à se passer du sceau de la Comics Code Authority, remplacé par un bandeau « Suspense Sophistiqué », et son triomphe a poussé l'éditeur à recruter d'autres scénaristes britanniques, Grant Morrison et Neil Gaiman en tête, posant les fondations du label Vertigo. Le public de SensCritique accorde 8,3/10 à ce premier tome (280 notes), soit 2💤. L'acte de naissance de l'horreur adulte chez les grands éditeurs américains.

✓ Ce qui fonctionne

  • Une relecture géniale de l'origine : une plante qui se croyait homme
  • Une horreur gothique nourrie d'écologie et de questions sociales
  • Les planches organiques de Bissette et Totleben
  • Le run qui a ouvert la voie au label Vertigo

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Un texte très dense, aux récitatifs abondants
  • Des renvois à l'univers DC qui peuvent perdre les néophytes
« Une plante qui faisait de son mieux pour être un homme : avec une seule idée, Alan Moore a transformé un monstre de série B en tragédie. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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ALAN MOORE DC COMICS LOUISIANE 1984
Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 5 OCTOBRE 2026
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