DEVILMAN, TOME 1
Devilman naît d'une commande. Toei Animation demande à Gō Nagai une version adoucie, pour la télévision, de son manga précédent, Demon Lord Dante. La série animée de 39 épisodes démarre en juillet 1972, mais le manga, lancé dans le Weekly Shōnen Magazine de Kōdansha un mois plus tôt, prend une tout autre direction : son éditeur lui demande une version alternative pour un public plus mûr, et Nagai en fait une œuvre bien plus noire, nourrie de ses convictions antimilitaristes. Il paraît de juin 1972 à juin 1973.
Akira Fudo est un adolescent timide qui vit chez son amie Miki Makimura, ses parents travaillant à l'étranger. Un jour, son ami d'enfance Ryo Asuka lui révèle que la Terre est sur le point d'être envahie par des démons qui hibernent depuis des siècles, et que la seule façon de les vaincre est de s'approprier leurs pouvoirs. Il l'entraîne dans un sabbat où des démons doivent fusionner avec des humains : Akira y fusionne avec Amon, guerrier démoniaque redouté des siens, mais son âme pure prend le dessus. Devilman est né, avec un corps de démon et un cœur d'humain.
Ce premier tome pose une mythologie apocalyptique et une violence graphique qui détonnaient en 1972, et qui ont durablement marqué le manga et l'animation : Hideaki Anno reconnaît leur influence majeure sur Neon Genesis Evangelion. Le dessin, lui, divise : rond, rétro, parfois naïf, il peut surprendre qui découvre l'œuvre aujourd'hui, et les premiers chapitres enchaînent les affrontements contre les démons cachés dans la société avant que le propos ne s'affirme. Car derrière les combats, Nagai prépare une charge d'une noirceur rare contre la guerre, qui selon lui n'a jamais de justice.
Devilman s'est vendu à 50 millions d'exemplaires dans le monde. Longtemps confidentiel en France, publié d'abord par Dynamic Visions à partir de 1999, il a été réédité par Black Box à partir de 2015, et la série Devilman Crybaby de Masaaki Yuasa, sortie sur Netflix en 2018, en a proposé une relecture modernisée. Le public de SensCritique accorde 7,6/10 au premier tome de l'édition Black Box (158 notes), soit 2💤. Un classique fondateur, à lire en sachant que le pire reste à venir.
✓ Ce qui fonctionne
- Un héros au corps de démon et au cœur d'humain
- Une noirceur et une violence qui détonnaient en 1972
- Une influence majeure, jusqu'à Neon Genesis Evangelion
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un dessin rétro qui divise
- Des premiers chapitres qui enchaînent les combats avant que le propos ne s'affirme
« Pour combattre les démons, il faut en devenir un : Gō Nagai a fait de cette idée l'un des mangas les plus noirs et les plus influents de son époque. »
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