HUM OF HURT
Le 1er avril 2026, Converge annonce un deuxième album, quatre mois seulement après Love Is Not Enough, et Kerrang! doit préciser que ce n'est pas un poisson d'avril. Une semaine plus tôt, un mystérieux panneau publicitaire était apparu à Boston, avec une simple date : 6/5/2026. Aucun mystère sur l'origine, en revanche : les deux disques sortent des mêmes sessions. Le groupe s'est retrouvé avec « une masse de morceaux », explique Jacob Bannon, et avait en réalité créé deux albums distincts. Kurt Ballou résume : « personne n'a la patience pour un double album ». Hum of Hurt, douzième album studio, sort donc le 5 juin 2026 en numérique, puis le 17 juillet en vinyle.
Le titre vient du « Hum », ce bourdonnement grave et inexpliqué que certaines personnes affirment entendre. Bannon l'a découvert en se renseignant sur ses propres acouphènes, et s'est demandé si ce bruit n'était pas la somme de toute la douleur du monde. Dans le morceau-titre, il se regarde en face après 35 ans consacrés à l'art et admet ne pas être l'homme qu'il voudrait être ; « Doom in Bloom » est, de son propre aveu, une introspection d'homme mûr. La pochette, conçue avec l'artiste britannique Thomas Hooper, fait fusionner un électrocardiogramme et un sismogramme : le cœur saute des battements avant de se dissoudre en parasites, et un séisme frappe en plein centre.
Côté son, Bannon le présente comme un album de « hardcore émotionnel », là où Love Is Not Enough penchait vers le metal. L'idée de départ des sessions était un disque de noise rock, jamais vraiment réalisé, et Hum of Hurt en retrouve l'esprit : The Quietus y entend The Jesus Lizard, Pitchfork des échos de Fugazi, et le juge peut-être le plus lourd de leur carrière. « Dream Debris » naît d'une seule note de basse de Nate Newton, « Slip the Noose » s'ouvre sur un déluge de batterie de Ben Koller. Et « I Won't Let You Go » est une vieille connaissance : enregistrée en 2020 pour le jeu Cyberpunk 2077, sous le nom de Shattered Void, elle avait été assemblée à distance, Koller jouant sa batterie en Californie. Réenregistrée, elle « sonne juste maintenant », dit le groupe.
Metacritic lui donnait 81 sur 100 en juillet (quatre critiques, toutes positives). Kerrang! le juge aussi bon que son prédécesseur, mais moins immédiat ; Sputnikmusic insiste : ce ne sont « pas des restes ». Les réserves viennent de Lambgoat, qui le trouve coincé entre deux directions, et d'Exclaim!, pour qui il n'atteint pas les sommets de Love Is Not Enough. Les Français pourront juger sur pièce : Converge joue à la Laiterie de Strasbourg le 15 novembre, puis au Bataclan le 16.
✓ Ce qui fonctionne
- Plus lent, plus noise, peut-être leur album le plus lourd selon Pitchfork
- Le « Hum », un concept aussi étrange que fascinant
- « Dream Debris », né d'une seule note de basse
- Une pochette électrocardiogramme et sismogramme qui résume tout
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Moins immédiat que Love Is Not Enough, note Kerrang!
- Coincé entre deux directions, regrette Lambgoat
« Hum of Hurt bourdonne au lieu de hurler : plus lourd, plus lent, et un peu moins percutant que son grand frère. »
🎧 L'album en streaming
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