🎬 CINÉ

CHRISTINE

CHRISTINE
💤 SOPORIFIQUE2/5
LA VOITURE QUI AIMAIT TROP

Détroit, 1957 : sur une chaîne de montage, une Plymouth Fury rouge et blanche referme son capot sur la main d'un ouvrier. Une vingtaine d'années plus tard, en Californie, Arnie Cunningham, lycéen timide et souffre-douleur d'une bande de brutes, rachète l'épave et la retape. À mesure que la voiture retrouve son éclat, Arnie perd ses lunettes, gagne en assurance et devient franchement inquiétant. Christine, elle, se charge de quiconque se met entre eux, et sait se réparer toute seule.

Le producteur Richard Kobritz a reçu de Stephen King le manuscrit du roman, paru en 1983, et en a acheté les droits, y voyant une « célébration de l'obsession de l'Amérique pour les voitures ». Carpenter, libéré par le report de deux autres projets, dont une adaptation de Charlie, accepte ce qu'il décrit lui-même comme un « job » plutôt qu'un projet personnel, avec l'envie de renouer avec le succès après l'échec commercial de The Thing. Columbia rêve de vedettes montantes comme Brooke Shields ou Scott Baio ; Carpenter et Kobritz imposent des inconnus, dont Keith Gordon et John Stockwell, aux côtés d'Alexandra Paul. Le tournage démarre en avril 1983, avec plus d'une vingtaine de Plymouth rachetées pour l'occasion.

Le morceau de bravoure, c'est la voiture qui se reconstruit sous nos yeux : une séquence décidée au montage, obtenue en écrasant la carrosserie à la presse hydraulique puis en passant les plans à l'envers. La caméra emprunte souvent le regard des phares, comme si la voiture voyait. Carpenter signe la musique avec Alan Howarth, mais c'est « Bad to the Bone » de George Thorogood qui ouvre le film, et la radio de Christine se met toute seule à diffuser du rock des années 1950.

Sorti le 9 décembre 1983 aux États-Unis, le film y rapporte environ 21 millions de dollars pour un budget de 10 millions, et réunit 981 177 spectateurs en France. Il est nommé au Saturn Award du meilleur film d'horreur et au Grand Prix d'Avoriaz. Le public de SensCritique lui donne 7,0/10 sur 14 445 notes, soit 2💤. Un film de commande, peut-être, mais une sacrée carrosserie.

✓ Ce qui fonctionne

  • Christine, méchante mécanique d'anthologie
  • La séquence d'auto-réparation, artisanale et bluffante
  • Keith Gordon, du timide au tyran
  • Le regard des phares en caméra subjective

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Un film de commande, de l'aveu même de Carpenter
  • Une seconde moitié plus prévisible
« Une histoire d'amour toxique entre un ado et sa voiture, avec du rock des années 50 à la radio et un capot qui finit par montrer les dents. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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