🎬 CINÉ

CANDYMAN

BERNARD ROSE • 1992
Musique : Philip Glass
CANDYMAN
💤 SOPORIFIQUE3/5
NE DITES JAMAIS SON NOM CINQ FOIS

Helen Lyle, étudiante à l'université de l'Illinois à Chicago, prépare une thèse sur les légendes urbaines. L'une d'elles revient sans cesse : celle du Candyman, fantôme à la main crochue qui apparaît quand on prononce cinq fois son nom devant un miroir. Son enquête la mène à Cabrini-Green, cité de logements sociaux tristement célèbre, où l'on attribue au spectre une série de meurtres. Helen découvre son histoire : fils d'esclave devenu peintre, assassiné à la fin du XIXe siècle pour avoir aimé la fille d'un riche Blanc. Elle n'y croit pas. C'est précisément ce qui va le faire revenir.

Bernard Rose adapte une nouvelle de Clive Barker, The Forbidden, qui se déroulait à Liverpool et parlait des classes sociales britanniques. Frappé par l'architecture de Chicago et par l'ampleur des préjugés, il déplace l'histoire à Cabrini-Green et en fait un film sur la race et la ségrégation urbaine. Le tournage mobilise plus de 200 000 abeilles bien réelles. Tony Todd, 1,96 m et une voix de basse profonde, négocie une prime de 1 000 dollars par piqûre et en encaisse 23 ; pour le climax, il garde des abeilles dans la bouche, protégé par un embout. Pour éviter les cris à répétition, Rose fait même hypnotiser Virginia Madsen avant ses face-à-face avec le Candyman. Par-dessus, la partition de Philip Glass donne au tout des airs de complainte funèbre.

Présenté au festival de Toronto en 1992, le film rapporte plus de 25 millions de dollars aux États-Unis pour un budget d'environ 8 millions, et reçoit des critiques globalement positives. À Avoriaz en 1993, il remporte le Prix du public, ainsi que les prix de la meilleure actrice pour Virginia Madsen et de la meilleure musique pour Philip Glass. Sa sortie suscite aussi la polémique : certains, dont le cinéaste Carl Franklin, l'accusent de recycler des stéréotypes racistes. Trois suites ont suivi, dont le Candyman de Nia DaCosta en 2021, suite directe de l'original.

Le public de SensCritique le note 6,6/10 sur près de 6 900 notes, soit 3💤. Le rythme est lent, et le regard porté sur Cabrini-Green, celui d'une étudiante blanche venue observer le ghetto, reste discutable. Mais Tony Todd y campe un monstre tragique et presque romantique, aux antipodes des tueurs muets du slasher.

✓ Ce qui fonctionne

  • Tony Todd, croque-mitaine tragique à la voix d'outre-tombe
  • La partition hypnotique de Philip Glass
  • Un sous-texte social rare dans le genre
  • Virginia Madsen, primée à Avoriaz

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Un rythme lent qui ne conviendra pas à tous
  • Un regard sur le ghetto qui a fait débat
« Un croque-mitaine né d'un lynchage, qui vit tant qu'on raconte son histoire : Candyman fait peur avec des abeilles et dérange avec l'Amérique. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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BERNARD ROSE CLIVE BARKER LÉGENDE URBAINE 1992
Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 5 OCTOBRE 2026
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