DESTINATION FINALE
Alex Browning embarque avec sa classe pour un voyage scolaire à Paris. Avant le décollage, il a la vision de l'avion qui explose en plein vol. Il panique, provoque une bagarre et se fait débarquer avec une poignée de camarades et une professeure. Quelques instants plus tard, le vol 180 explose. Les rescapés pensent avoir eu de la chance ; ils ont surtout dérangé un plan. Car la Mort, elle, entend récupérer ceux qui lui étaient promis, dans l'ordre, et chaque accident domestique devient une machination où une flaque d'eau, un câble électrique ou une cuisine mal rangée suffisent.
Tout part d'un scénario de Jeffrey Reddick écrit pour la série X-Files, dans l'espoir de décrocher un agent à la télévision. Un collègue de New Line Cinema le convainc d'en faire un long métrage, et James Wong et Glen Morgan, deux scénaristes de X-Files, le reprennent. C'est le premier film réalisé par Wong. Le tournage a lieu à New York et à Vancouver, avec quelques scènes à Toronto et San Francisco. Les personnages portent des noms empruntés à des figures du cinéma d'épouvante : Browning, Hitchcock, Lewton, Chaney, Murnau ou Schreck. Le film devait d'abord s'appeler Vol 180, mais la production a craint qu'on le prenne pour un simple film catastrophe aérien. Et Reddick a fini par regretter de ne pas avoir donné de visage au tueur : pas de costume à vendre pour Halloween, pas de figurine.
Pour 23 millions de dollars de budget, le film en rapporte 112,9 dans le monde. La critique est mitigée, certains lui reprochant de viser avant tout les sorties d'ados en couple, mais il remporte le Saturn Award du meilleur film d'horreur et celui du meilleur jeune acteur pour Devon Sawa. Tony Todd, le Candyman en personne, y joue un croque-mort inquiétant. Surtout, le concept lance une saga entière, bâtie sur des morts en cascade toujours plus tordues, dont le premier volet reste le plus sobre.
Le public de SensCritique le note 5,7/10 sur près de 23 000 notes, soit 3💤. Personnages sans épaisseur et dialogues fonctionnels plombent l'ensemble, et la fin d'origine, jugée trop optimiste, a dû être changée. Mais la séquence de l'avion et l'idée d'un ennemi invisible, partout à la fois, gardent un vrai pouvoir de paranoïa.
✓ Ce qui fonctionne
- Un concept génial : la Mort comme seul tueur
- La séquence d'ouverture de l'avion
- Une paranoïa du quotidien qui contamine le spectateur
- Tony Todd en croque-mort
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Des personnages sans épaisseur
- Des dialogues purement fonctionnels
« Pas de masque, pas de couteau, pas de mobile : juste une flaque d'eau au mauvais endroit. Le slasher le plus terrifiant est celui où le tueur, c'est le hasard. »
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