🎬 CINÉ

L'EXORCISTE

Musique : Jack Nitzsche
L'EXORCISTE
💤 SOPORIFIQUE2/5
LE FILM QUI FAISAIT S'ÉVANOUIR LES SALLES

Georgetown, quartier de Washington. Chris MacNeil, actrice célèbre, voit sa fille Regan, 12 ans, changer du tout au tout : spasmes violents, voix rauque, propos orduriers. Les médecins parlent de troubles nerveux, un psychiatre est appelé à la rescousse, sans plus de succès. À bout, cette mère athée finit par se tourner vers l'Église, où le père Karras, prêtre en pleine crise de foi, va devoir affronter ce qui habite la fillette. William Friedkin adapte le roman de William Peter Blatty paru en 1971, lui-même inspiré d'un véritable cas d'exorcisme survenu en 1949.

Avant lui, Hitchcock a refusé le projet, et Stanley Kubrick ne l'acceptait qu'à condition de le produire lui-même. Blatty impose Friedkin, qui sort de French Connection. Ellen Burstyn ne signe qu'à condition que son personnage n'ait jamais à dire « Je crois au diable », Friedkin rencontre près de 500 jeunes actrices avant de choisir Linda Blair, et Jason Miller, qui avait voulu devenir prêtre avant de perdre la foi, n'avait jamais tourné au cinéma. La voix du démon est celle de Mercedes McCambridge. Le tournage dure deux fois plus longtemps que prévu et coûte près de trois fois le budget initial : pour que la buée des acteurs se voie dans la chambre de Regan, le décor est réfrigéré à -29 °C, et ne reste assez froid que trois minutes d'affilée. Blessures, décès dans l'entourage de l'équipe : la réputation de film maudit naît là.

Sorti aux États-Unis le 26 décembre 1973, le film reçoit des critiques mitigées, mais le public fait la queue dans le froid, et les récits de spectateurs qui s'évanouissent ou vomissent pendant la séance font le tour du pays. Bilan : 193 millions de dollars de recettes à l'issue de sa première exploitation, et le titre de film d'horreur classé R le plus rentable, hors inflation, jusqu'à Ça en 2017. En France, où il sort en septembre 1974, il attire près de 6,7 millions de spectateurs. Il décroche dix nominations aux Oscars, dont celle du meilleur film, une première pour un film d'horreur, et repart avec deux statuettes : meilleur scénario adapté pour Blatty et meilleur son. Au passage, il fait de Tubular Bells, de Mike Oldfield, un immense succès.

Le public de SensCritique lui accorde 7,3/10 sur plus de 38 000 notes, soit 2💤. Ce qui coince : une longue première partie d'examens médicaux qui prend son temps, et quelques effets choc qui, cinquante ans plus tard, peuvent arracher un sourire autant qu'un frisson. Mais le réalisme quasi documentaire de Friedkin, lui, n'a pas pris une ride.

✓ Ce qui fonctionne

  • Le réalisme quasi documentaire de la mise en scène
  • Linda Blair et Ellen Burstyn, mère et fille au bord du gouffre
  • Une montée de l'angoisse lente et implacable
  • Tubular Bells, devenu indissociable du film

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Une longue première partie médicale qui prend son temps
  • Quelques effets choc qui ont pris un coup de vieux
« Un décor à -29 °C, des spectateurs évanouis et dix nominations aux Oscars : le diable a rarement eu un aussi bon agent. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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WILLIAM FRIEDKIN POSSESSION OSCARS 1973
Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 5 OCTOBRE 2026
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