THE WITCH
Nouvelle-Angleterre, années 1630. Banni de sa colonie puritaine après une querelle religieuse, William s'installe avec sa femme Katherine et leurs enfants dans une ferme au bord d'une immense forêt. Peu après la naissance de leur cinquième enfant, Samuel, le bébé disparaît alors que sa grande sœur Thomasin le surveillait. La faim menace, le bouc de la famille, Black Phillip, semble parler aux jumeaux, et le soupçon se met à tourner en rond dans la maison : et si Thomasin était une sorcière ?
C'est le premier long métrage de Robert Eggers, qui a grandi dans le New Hampshire, fasciné par les sorcières et par ses visites d'écolier à la plantation de Plimoth. Obsédé d'exactitude, il travaille avec des musées britanniques et américains, consulte des spécialistes de l'agriculture du XVIIe siècle et fait venir un couvreur de chaume et un charpentier rompus aux techniques de l'époque. Avantages fiscaux obligent, il tourne au Canada et finit par dénicher une forêt isolée à Kiosk, en Ontario. Le casting se fait en Angleterre, pour des accents authentiques, et Anya Taylor-Joy y décroche son premier rôle au cinéma. Lumière naturelle, intérieurs éclairés à la bougie et, selon Télérama, une partie des dialogues puisée dans des documents historiques. Même le « VV » du titre vient d'un pamphlet d'époque sur la sorcellerie.
Présenté à Sundance en janvier 2015, le film y remporte le prix de la mise en scène, puis le prix du jury SyFy à Gérardmer en 2016. Distribué par A24, il rapporte 40 millions de dollars pour un budget de 4 millions, et attire environ 131 000 spectateurs en France. Stephen King écrit qu'il lui a fait une peur bleue, tout en saluant un vrai film, tendu et stimulant. Certains le rangent aujourd'hui parmi les meilleurs films d'horreur des années 2010, voire du siècle.
Le public de SensCritique lui accorde 6,5/10 sur plus de 19 000 notes, soit 3💤. Ce qui coince : un rythme lent et des dialogues à l'ancienne qui en rebuteront plus d'un, et une horreur plus diffuse que spectaculaire, de quoi laisser sur leur faim les amateurs de sursauts. Mais pour qui accepte de se laisser envoûter, peu de films dégagent un malaise aussi tenace.
✓ Ce qui fonctionne
- Une reconstitution d'époque d'une précision maniaque
- Anya Taylor-Joy, révélation saisissante
- Une photo à la lumière naturelle et à la bougie
- Black Phillip, bouc le plus inquiétant du cinéma
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un rythme lent et des dialogues à l'ancienne
- Une horreur diffuse qui frustrera les amateurs de sursauts
« Des puritains affamés, une forêt qui observe et un bouc noir qui a l'air d'en savoir long : Robert Eggers a fait d'un conte de 1630 un cauchemar d'aujourd'hui. »
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