🎬 CINÉ

DRACULA (1931)

TOD BROWNING • 1931
DRACULA (1931)
💤 SOPORIFIQUE3/5
LUGOSI, LA CAPE POUR L'ÉTERNITÉ

Renfield, avocat, se rend en Transylvanie pour louer l'abbaye de Carfax à un comte aussi charmant qu'excentrique. Sur la route du château, le cocher a disparu : c'est une chauve-souris qui mène les chevaux. Débarqué en Angleterre, Dracula s'installe à deux pas du sanatorium du docteur Seward, jette son dévolu sur Lucy, puis sur Mina, et ne trouve qu'un obstacle sérieux sur sa route : le professeur Van Helsing.

Universal ne part pas directement du roman de Bram Stoker, mais de la pièce de Hamilton Deane et John L. Balderston (1924). Le rôle était promis à Lon Chaney, l'acteur fétiche de Tod Browning, mort prématurément en 1930 ; il revient à Bela Lugosi, qui triomphait déjà en comte sur la scène de Broadway. Le tournage démarre le 29 septembre 1930, avec 355 050 dollars de budget et 36 jours de plan de travail. Selon de nombreux témoignages, Browning laisse alors largement la main à son chef opérateur, Karl Freund. La nuit, dans les mêmes décors, George Melford tourne une version en espagnol avec Carlos Villarías. Pas de musique originale : un extrait du Lac des cygnes au générique, et beaucoup de silence.

Première au Roxy de New York le 12 février 1931 : les journaux rapportent des évanouissements dans la salle, une publicité habilement orchestrée par le studio. Cinquante mille billets en 48 heures, 700 000 dollars de bénéfice, le plus gros des sorties Universal de 1931. Frankenstein suit la même année, et le studio devient la maison de l'horreur. Lugosi impose un comte séduisant, aristocrate, à l'accent étranger, et une réplique absente du roman comme de la pièce : « I never drink... wine ». Le rôle lui colle si bien à la peau qu'il sera enterré avec la cape.

Le revers est connu : une mise en scène très théâtrale, des effets réduits au brouillard, aux éclairages et à de grosses chauves-souris souples, des transformations toujours hors champ, un jeu qui sent encore le muet. Christopher Lee, futur Dracula de la Hammer, s'en disait déçu ; Gary Oldman, celui de Coppola, en a fait son Dracula préféré et s'est inspiré de la voix de Lugosi. Inscrit au National Film Registry en 2000, le film entre dans le domaine public américain le 1er janvier 2027. Le public de SensCritique lui donne 6,7/10 sur 3 189 notes, soit 3💤.

✓ Ce qui fonctionne

  • Bela Lugosi, qui a fixé pour des décennies l'image du comte
  • Une atmosphère inquiétante, saluée par Variety dès 1931
  • La photographie de Karl Freund
  • Une version espagnole tournée la nuit dans les mêmes décors, à voir en complément

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Une mise en scène figée, très théâtrale
  • Des effets réduits au strict minimum, transformations hors champ
« Il ne boit jamais... de vin. Lugosi, lui, s'est fait enterrer avec la cape : certains rôles ne se rendent pas. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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TOD BROWNING BELA LUGOSI UNIVERSAL 1931
Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 5 OCTOBRE 2026
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