GINGER SNAPS
Bailey Downs, banlieue tranquille de l'Ontario, où quelque chose massacre les chiens du quartier. Ginger et Brigitte Fitzgerald, 16 et 15 ans, inséparables et fascinées par la mort, se sont juré de quitter la ville ou de mourir ensemble avant leurs 16 ans. Un soir, Ginger a ses premières règles, et l'odeur du sang attire une bête qui la mord. La plaie guérit étrangement vite. Viennent ensuite l'agressivité, les poils qui poussent sur les cicatrices, une queue, et une soirée d'Halloween qui approche.
John Fawcett veut faire un film de métamorphose et d'horreur avec des héroïnes depuis qu'il a vu Heavenly Creatures. La scénariste Karen Walton hésite : le genre a mauvaise réputation pour ses personnages faibles et son image des femmes. Son film de loup-garou préféré reste Le Loup-garou de Londres, mais c'était encore, dit-elle, deux types blancs aux prises avec la bête en eux. Ici, la lycanthropie devient une métaphore de la puberté. Le financement, en partie public, traîne ; six directeurs de casting de Toronto boycottent le projet, inquiets d'un film sur des meurtres de lycéens après plusieurs fusillades scolaires, et la mère de Scarlett Johansson, à qui l'on proposait Brigitte, refuse pour sa fille.
Emily Perkins et Katharine Isabelle, nées dans le même hôpital et passées par la même école, auditionnent ensemble et décrochent les rôles ; Isabelle, qui joue l'aînée, a en réalité cinq ans de moins que sa partenaire. Tourné à l'automne 1999 dans la région de Toronto, le film refuse les images de synthèse : Isabelle passe jusqu'à sept heures au maquillage pour une transformation pensée comme celle de Seth Brundle dans La Mouche. Dans le van du dealer Sam, la bande-son crache du metal industriel et du rock gothique, de Fear Factory à Cradle of Filth.
Présenté au Fantasy Filmfest de Munich le 1er août 2000 puis au festival de Toronto, il ne sort en salles au Canada qu'en mai 2001, pour des recettes modestes. La critique salue le duo d'actrices, l'humour noir et la métamorphose à la Cronenberg ; les sceptiques trouvent la métaphore trop appuyée et la mère, jouée par Mimi Rogers, trop caricaturale. Devenu culte et relu sous l'angle féministe, il est pour Time Out « le meilleur film de loup-garou adolescent, point ». Le public de SensCritique lui donne 6,5/10 sur 1 465 notes, soit 3💤.
✓ Ce qui fonctionne
- Emily Perkins et Katharine Isabelle, duo de sœurs saisissant
- La lycanthropie en métaphore de la puberté, bien mordante
- Des maquillages artisanaux, sans images de synthèse
- Un humour noir qui grince juste
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Une métaphore parfois trop appuyée
- Une mère franchement caricaturale
« Premières règles, premiers poils, première queue : dans Ginger Snaps, l'adolescence est une malédiction qui revient à chaque pleine lune. »
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