🎬 CINÉ

LA COMPAGNIE DES LOUPS

NEIL JORDAN • 1984
Musique : George Fenton
LA COMPAGNIE DES LOUPS
💤 SOPORIFIQUE3/5
LE CHAPERON ROUGE, VERSION CAUCHEMAR

Dans une maison de campagne d'aujourd'hui, une jeune fille, Rosaleen, s'endort et rêve. Elle vit à la fin du XVIIIe siècle au fond d'une forêt de conte, où les loups viennent de tuer sa sœur. Pendant le deuil, elle séjourne chez sa grand-mère, qui lui tricote un châle rouge et lui répète ses règles : ne jamais quitter le chemin, ne jamais manger une pomme tombée de l'arbre, ne jamais se fier à un homme dont les sourcils se rejoignent. Les histoires de la vieille femme, puis celles de Rosaleen, s'emboîtent jusqu'au conte que tout le monde connaît.

Angela Carter avait publié la nouvelle en 1979 dans son recueil The Bloody Chamber, puis l'avait adaptée pour la radio en 1980. Neil Jordan, qui n'a alors réalisé qu'un seul long métrage, la rencontre à Dublin en 1982, et ils écrivent ensemble le scénario, le premier de la romancière pour le cinéma. Au Petit Chaperon rouge se mêlent des échos de Barbe bleue ou de La Belle et la Bête, en récits enchâssés que le cadre du rêve autorise. Sarah Patterson, dont c'est le premier rôle, est bien plus jeune que l'actrice recherchée au départ ; Angela Lansbury joue la grand-mère, et Terence Stamp fait une apparition non créditée en Diable arrivé en Rolls-Royce.

Tourné en janvier 1984, pour l'essentiel aux studios de Shepperton, avec un budget serré, le film doit fabriquer sa forêt de conte avec, selon Jordan, « douze arbres ». Jordan la veut sans soleil et ouvertement sensuelle, et le décorateur Anton Furst la construit en regardant les toiles de Samuel Palmer. La plupart des loups sont en réalité des bergers belges, Tervuerens et Groenendaels, au pelage teint. Quant aux métamorphoses, la revue Imagine les juge délicieusement horribles. Jordan ne regrettera qu'une chose : une fin bridée par le manque de moyens.

Présenté au festival de Toronto le 15 septembre 1984, il sort au Royaume-Uni six jours plus tard, interdit aux moins de 18 ans, au point que sa jeune actrice est refoulée de l'avant-première londonienne. Aux États-Unis, Cannon le vend comme un film d'horreur, étiquette que Jordan conteste. Meilleur film aux International Fantasy Film Awards de 1985, nommé quatre fois aux BAFTA, il est salué par Roger Ebert comme une tentative troublante et stylée de déterrer les cauchemars enfouis sous le Petit Chaperon rouge, même si ses personnages restent esquissés. Le public de SensCritique lui donne 6,7/10 sur 1 328 notes, soit 3💤.

✓ Ce qui fonctionne

  • Une forêt de studio envoûtante, née de douze arbres
  • Des contes enchâssés qui relisent le Petit Chaperon rouge
  • Des métamorphoses gores et inventives
  • Angela Lansbury, grand-mère aux conseils inquiétants

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Des personnages à peine esquissés
  • Une fin bridée par le budget, que Jordan lui-même regrette
« Ne jamais quitter le chemin, ne jamais se fier à un homme aux sourcils joints : Neil Jordan et Angela Carter rendent au Petit Chaperon rouge toute sa part d'ombre. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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NEIL JORDAN ANGELA CARTER CONTE 1984
Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 5 OCTOBRE 2026
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