PARASITE, TOME 1
Parasite, Kiseijū en version originale, démarre en 1989 dans Morning Open Zōkan, un numéro spécial du magazine Morning de Kōdansha, avant de passer dans le mensuel Afternoon, où Hitoshi Iwaaki le termine en décembre 1994. En France, Glénat publie l'intégralité des dix volumes entre novembre 2002 et août 2004.
Une nuit, de minuscules créatures en forme de vers, à la tête en forme de foret, arrivent sur Terre et prennent le contrôle du cerveau de leurs hôtes en entrant par les oreilles ou le nez. L'une d'elles tente de s'introduire dans le nez de Shinichi Izumi, lycéen de 17 ans, pendant son sommeil ; il se réveille à temps, et le parasite s'installe dans son bras, puis dans sa main droite. Baptisé Migi, « droite » en japonais, il garde sa propre intelligence, et Shinichi la sienne. Contraints de cohabiter, les deux doivent affronter d'autres parasites, qui, eux, dévorent les humains.
Iwaaki dit avoir trouvé l'inspiration enfant, devant des documentaires sur les chaînes alimentaires : il voulait parler de « l'égoïsme de l'espèce humaine » sur la planète, sans pour autant mépriser les humains. Pour Migi, il pense s'être inspiré des monstres du folklore japonais qui ne sont qu'une main avec des yeux. Ce premier tome pose déjà tout : un body horror où la chair se change en armes, et un duo improbable, Migi, pragmatique jusqu'au cynisme, renvoyant Shinichi aux contradictions de son espèce. Le dessin, un peu raide dans les visages, accuse son âge, et il faut accepter un départ assez classique avant que les questions philosophiques ne prennent toute leur ampleur.
Prix du manga Kōdansha en 1993, prix Seiun en 1996, Parasite dépassait les 25 millions d'exemplaires en circulation en août 2022, ce qui en fait l'un des mangas les plus vendus de l'histoire. Il a été adapté en deux films par Takashi Yamazaki, en 2014 et 2015, en anime par le studio Madhouse, et décliné sur Netflix avec la série coréenne Parasyte: The Grey en 2024. Le public de SensCritique accorde 7,8/10 au premier tome de l'édition Glénat (138 notes), soit 2💤.
✓ Ce qui fonctionne
- Un duo improbable entre un lycéen et sa main parasite
- Un body horror inventif où la chair devient arme
- Une vraie réflexion sur la place de l'humain parmi les espèces
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un dessin qui accuse son âge, surtout dans les visages
- Un départ assez classique avant que le propos ne s'épaississe
« Un parasite qui rate le cerveau et se loge dans une main droite : de ce raté naît l'un des mangas d'horreur les plus intelligents qui soient. »
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