SCANNERS
Dans Scanners, les « scanners » sont 237 personnes dotées de pouvoirs télépathiques et télékinétiques. ConSec, marchand d'armes et de systèmes de sécurité, veut les utiliser ; Darryl Revok (Michael Ironside), scanner renégat devenu fou, veut les rassembler pour dominer le monde. Le docteur Ruth (Patrick McGoohan) envoie contre lui Cameron Vale (Stephen Lack), un vagabond qui prenait ses pouvoirs pour des voix dans sa tête. Le film naît de deux scénarios de Cronenberg, The Sensitives et Telepathy 2000, d'abord montrés à Roger Corman, qui n'en a rien fait.
Le tournage est une course contre la montre. Pour profiter d'un abri fiscal canadien, le film part en production à Montréal fin 1979 sans scénario terminé ni décors construits : Cronenberg écrit ses scènes le matin même. Jennifer O'Neill avait reçu une version expurgée de toute violence et a pleuré en découvrant la vraie. La scène culte, la tête d'un homme qui explose en pleine démonstration, est réglée à force d'essais : un crâne en plâtre enrobé de gélatine, bourré de restes de hamburgers et de latex, sur lequel le responsable des effets finit par tirer au fusil de chasse. Cronenberg garde la première prise et part faire la sieste dans sa caravane pendant les trois suivantes. Dick Smith, maquilleur de L'Exorciste, signe aussi le duel final.
Sorti en janvier 1981, c'est l'un des premiers films canadiens à tenir tête aux productions américaines au box-office international, et le premier de Cronenberg à se classer numéro un. Il le fait connaître du grand public et décroche le Saturn du meilleur film international. La critique reste tiède : Roger Ebert lui reproche une intrigue mécanique qui laisse les effets spéciaux seuls à l'écran, Vincent Canby une enquête qui souligne sa bêtise. Le scénario écrit dans l'urgence se sent, et John Simon, à la National Review, n'y voit qu'un navet. Depuis, il a pris du galon comme film culte.
Sur TMDB, 6,72/10 pour 1 446 votes : 3💤. Une explosion de génie, puis un film qui cherche un peu ses idées.
✓ Ce qui fonctionne
- La tête qui explose, effet pratique d'anthologie
- Les maquillages de Dick Smith, récompensés aux Saturn
- Le body horror de Cronenberg qui s'impose
- Une parabole qui renvoie au scandale de la thalidomide
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un scénario écrit au jour le jour, et ça se voit
- Des personnages dont on se soucie peu
« Il suffit d'y penser très fort pour se faire exploser la tête. »
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