BLACK HOLE
Ça s'appelle « the Bug », ça s'attrape en couchant, et ça transforme les lycéens de la banlieue de Seattle, au milieu des années 1970, en mutants. Les plus atteints quittent leurs familles et campent dans les bois. Charles Burns, seul aux commandes du scénario et du dessin, a publié Black Hole en douze numéros entre 1995 et 2005 : les quatre premiers chez Kitchen Sink Press, jusqu'à la faillite de l'éditeur, puis toute la série chez Fantagraphics. L'intégrale paraît en 2005 chez Pantheon. Burns avait déjà posé l'idée en 1988 dans « Contagious », une histoire de quatre pages publiée dans l'anthologie Taboo.
Le récit alterne entre deux voix. Chris, élève populaire, couche avec Rob sans savoir qu'il est porteur. Keith, fumeur de joints anxieux, est amoureux d'elle, puis rencontre Eliza, dont la mutation a pris la forme d'une queue de lézard. Autour d'eux, des filles infectées disparaissent, des statues et des morceaux de corps surgissent dans la forêt, et la tension monte jusqu'à un massacre dans une maison de lotissement. Burns l'a dit lui-même : les mutations se lisent comme une métaphore de l'adolescence, de l'éveil sexuel et du passage à l'âge adulte.
La série a raflé les trophées : Burns a reçu le Harvey du meilleur encreur sept fois pour ce travail, l'intégrale le Harvey 2006 du meilleur album réédité, puis un Ignatz en 2006, et Angoulême l'a rangée parmi ses Essentiels en 2007. The Knife et Silversun Pickups en ont tiré des chansons. Le cinéma, lui, se casse les dents dessus depuis 2006 : Alexandre Aja, puis David Fincher, parti et revenu, puis New Regency en 2018, jusqu'à l'annonce en octobre 2025 d'une série Netflix confiée à Jane Schoenbrun. Ce qui coince : l'intégrale a perdu les portraits de personnages glissés entre les numéros d'origine, et la fin laisse ses survivants face à un avenir incertain, sans rien résoudre.
Le public de SensCritique accorde 7,6/10 à l'intégrale (4 580 notes), soit 2💤. Du body horror qui vise juste sur la puberté : on en sort avec l'envie de se gratter.
✓ Ce qui fonctionne
- Une métaphore de l'adolescence qui fait froid dans le dos
- Le trait d'encreur de Burns, sept fois primé aux Harvey
- Deux narrateurs, Chris et Keith, qui se croisent sans se trouver
- Une ambiance de forêt et de banlieue des années 1970
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- L'intégrale a perdu les portraits glissés entre les numéros
- Une fin ouverte qui ne résout rien
« Le lycée, c'était déjà l'enfer. Charles Burns y ajoute des queues de lézard. »
Lien sponsorisé — En tant que Partenaire Amazon, ZZZpop touche une commission sur les achats éligibles. Ça ne change rien à ton prix, et rien à la note.
🛒 Voir sur Amazon