HELLBLAZER, TOME 1 : PÉCHÉS ORIGINELS
Il devait s'appeler Hellraiser. Le film de Clive Barker sort au même moment, le titre change, et Jamie Delano, de son propre aveu, s'en moque à moitié. En janvier 1988, DC lance donc Hellblazer, la série solo de John Constantine, magicien des rues et arnaqueur créé par Alan Moore et Stephen Bissette dans Swamp Thing en 1985. Delano, repéré sur D.R. & Quinch pour 2000 AD, est choisi par la responsable éditoriale Karen Berger. Au dessin, John Ridgway ; aux couvertures, Dave McKean, avec ses peintures et ses collages.
Péchés originels, le premier arc, envoie Constantine aux États-Unis exorciser un démon, Mnemoth, et enquêter sur une secte, l'Armée de la Damnation. Il y croise Nergal, un démon dont il hérite du sang, et finit responsable de la mort d'un vieil ami, Gary Lester, tout en trahissant un autre proche, Zed. Le principe est posé d'entrée : Constantine gagne par la ruse et le mensonge, ne remporte jamais de victoire nette, et ce sont ses proches qui paient l'addition. Delano y ajoute de la satire pure, avec des financiers de la City qui sont littéralement des démons. Son programme, il l'a résumé sans filtre : commenter l'Angleterre des années 1980, où il vivait, qu'il trouvait pourrie, et le faire savoir à tout le monde.
La série a tenu jusqu'au numéro 300, en 2013, en devenant le titre le plus durable de Vertigo, et les débuts signés Delano gardent la cote. La journaliste Helen Braithwaite juge que son Constantine n'a jamais été égalé et que Péchés originels devrait figurer dans toute collection. Alan Moore lui-même salue un Delano qui prouve que l'horreur anglaise n'a pas disparu avec le brouillard et les pavés éclairés au gaz. Ce qui coince : cette horreur très politique, nourrie de punk et d'économie britannique de l'ère Thatcher, parle d'abord à qui connaît le contexte, et un héros aussi manipulateur ne cherche jamais à être aimable.
Le public de SensCritique lui accorde 7,9/10 (252 notes), soit 2💤. Un trench-coat, une clope, des démons en costard : l'horreur avec une conscience de classe.
✓ Ce qui fonctionne
- Un Constantine manipulateur, jamais héroïque
- Des démons en costume dans la City, satire au vitriol
- Les couvertures peintes de Dave McKean
- Le run fondateur d'une série tenue jusqu'au numéro 300
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Une charge très ancrée dans l'Angleterre de Thatcher
- Un héros qui sacrifie ses amis, difficile à aimer
« Être l'ami de John Constantine, c'est comme une assurance-vie, mais à l'envers. »
Lien sponsorisé — En tant que Partenaire Amazon, ZZZpop touche une commission sur les achats éligibles. Ça ne change rien à ton prix, et rien à la note.
🛒 Voir sur Amazon