L'INVASION DES PROFANATEURS
Deuxième adaptation du roman de Jack Finney après le film de Don Siegel de 1956, L'Invasion des profanateurs déménage l'histoire à San Francisco. Matthew Bennell (Donald Sutherland), inspecteur du service d'hygiène, et sa collègue Elizabeth (Brooke Adams) comprennent en quelques jours que les habitants sont remplacés par des copies extraterrestres, identiques mais vides de toute émotion. Philip Kaufman, fan du premier film, ne voulait pas un simple remake mais une variation : la couleur, et la ville la plus progressiste d'Amérique, pour voir ce que la « cosse » y ferait.
Tout tient dans l'ambiance. Le chef opérateur Michael Chapman cherche le film noir en couleur, avec des ombres immenses et des teintes qui trahissent les personnages déjà remplacés. Ben Burtt, l'homme des sons de Star Wars, fait monter les bruits industriels de la ville, jusqu'aux camions-poubelles qui broient les restes des humains d'avant, et compose le fameux cri des répliques, qui mélange plusieurs éléments dont un cri de cochon. Les effets sont tournés en direct : l'ouverture spatiale tient à un bac de matière visqueuse acheté 12 dollars. Kevin McCarthy, la vedette de 1956, refait son homme qui court en hurlant, et Don Siegel joue un chauffeur de taxi. La fin, gardée secrète jusqu'au bout, Sutherland ne l'a apprise que la veille du tournage.
Sorti le 22 décembre 1978, un mois après le suicide collectif de Jonestown, il rapporte près de 25 millions de dollars aux États-Unis. Pauline Kael y voit peut-être le meilleur film du genre, Variety juge qu'il dépasse l'original. Tout le monde n'est pas d'accord : Janet Maslin trouve que l'inquiétude devient si omniprésente qu'elle en est drôle, Ebert juge les éloges de Kael inexplicables, et des critiques plus récents lui reprochent sa longueur et ses effets appuyés. Il est aujourd'hui régulièrement classé parmi les meilleurs remakes jamais tournés.
Sur TMDB, 7,22/10 pour 1 416 votes : 3💤. Après ce film, s'endormir devient franchement une mauvaise idée.
✓ Ce qui fonctionne
- Une paranoïa urbaine qui monte sans relâche
- Le travail sonore de Ben Burtt et son cri glaçant
- Un casting impeccable, de Sutherland à Goldblum
- Une fin gardée secrète jusqu'au tournage, même pour les acteurs
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un film jugé trop long par certains
- Des effets parfois appuyés face à la sobriété de 1956
« Le pire n'est pas d'être remplacé, c'est que personne ne remarque la différence. »
📺 Où le regarder
En abonnement
MGM (via Prime Video)
Location ou achat
Aussi : Apple TV Store, Canal VOD
Offres en France au 06/11/2026, selon JustWatch. 🔍 = recherche du titre sur la plateforme.
Lien sponsorisé — En tant que Partenaire Amazon, ZZZpop touche une commission sur les achats éligibles. Ça ne change rien à ton prix, et rien à la note.
🛒 Voir sur Amazon