RAPACES, TOME 1
À New York, les cadavres s'empilent, tous vidés de leur sang, avec le même message écrit en lettres rouges à côté : « Your kingdom is doomed », votre règne s'achève. Chaque victime porte aussi derrière l'oreille droite un kyste crevé par une aiguille. Le lieutenant Vicky Lenore et son coéquipier Spiaggi enquêtent, sans voir le lien entre les morts. Jean Dufaux au scénario, Enrico Marini au dessin : Rapaces sort chez Dargaud en 1998, premier tome d'un cycle de quatre bouclé en 2003.
Le lien, c'est une guerre de vampires. Il y a longtemps, leur chef suprême, Don Miguel Y Certa, a voulu que les maîtres de la nuit deviennent aussi maîtres du jour. Prix à payer : ce fameux kyste, point faible d'une race jusque-là immortelle. Seul Don Molina a refusé. Le Grand Conseil a fait massacrer les siens, mais ses enfants, Drago et Camilla, ont survécu. Les voilà de retour, en cuir de la tête aux pieds, pour solder les comptes. Dans ce tome, les suceurs de sang tiennent la ville jusqu'à la police : Barnes, flic et amant occasionnel de Vicky, en est un, tout comme Figges, le chef de la police. Les boîtes de nuit The Lost Dogs servent de quartiers généraux, et l'album se clôt dans une nécropole remplie de cercueils vides.
La série a eu droit à son hors-série, Je reviendrai, en 2006, à une intégrale en 2009 et même, dès 2003, à une édition de luxe reliée de cuir, signée et limitée à 699 exemplaires. Ce qui coince : ce premier tome n'est qu'un quart d'histoire. Il pose le décor, les clans, les flics ripoux et le mystère des enfants Molina, puis laisse ses héros pour morts aux yeux de tous et renvoie la suite aux albums d'après. Le public le note d'ailleurs un peu moins bien que l'intégrale.
Le public de SensCritique lui accorde 6,8/10 (396 notes), soit 3💤. Du cuir, du sang et des flics vampires : une mise en bouche efficace, mais il faudra acheter la suite pour passer à table.
✓ Ce qui fonctionne
- Un New York où même la police a les crocs
- Drago et Camilla, duo vampire tout de cuir vêtu
- Une mythologie claire : le kyste, le Conseil, les Molina
- Enrico Marini au dessin
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un quart d'histoire, il faut lire les quatre tomes
- Moins bien noté que l'intégrale du cycle
« À Manhattan, même le chef de la police a les canines qui dépassent. »
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