📚 BD

BERSERK, TOME 1

KENTARO MIURA • 1989
BERSERK, TOME 1
💤 SOPORIFIQUE2/5
UNE ÉPÉE GRANDE COMME UNE PORTE

Kentaro Miura a 18 ans et travaille brièvement comme assistant de George Morikawa quand il glisse dans son portfolio un guerrier sombre armé d'une épée gigantesque. En 1988, un prototype de 48 pages de Berserk décroche la deuxième place d'un concours du magazine ComiComi. La série démarre l'année suivante dans Monthly Animal House, chez Hakusensha, avec une ambition simple : créer un « héros sombre » dans une fantasy japonaise que Dragon Quest avait rendue bien sage. Le titre, Miura l'a choisi pour sa sonorité énigmatique, pas pour ses berserkers.

Ce premier tome jette le lecteur dans les pas du Guts « épéiste noir » : une épée, la Dragonslayer, un bras prothétique, la marque du sacrifice, une guerre contre les démons et une vengeance dont on ignore encore l'origine. Le grand flashback de l'Âge d'or n'arrive qu'au volume 3, et Miura avoue n'avoir écrit le passé de son héros qu'à partir du troisième ou quatrième tome. Les influences s'entassent comme les cadavres : Ken le Survivant pour le poids des coups, Mad Max pour la rage, Hellraiser pour les chairs, Escher et les frères Grimm pour le décor. En critiquant ce volume 1, Manga Life décrit un mélange de barbarie médiévale, de sorcellerie et de technologie futuriste, de goules, d'armes à feu et de gore.

La suite est un monument : prix d'excellence du prix culturel Osamu Tezuka en 2002, plus de 70 millions d'exemplaires en circulation en août 2025, dont 8 millions en français, et une descendance qui va de L'Attaque des Titans aux jeux FromSoftware. En France, l'histoire éditoriale est chaotique : Samouraï Éditions ne sort que le premier tome pour des problèmes de droits, Dybex publie les six premiers, puis Glénat reprend tout en 2004. Le revers est connu : des pauses à rallonge dès 2006, la mort de Miura en mai 2021 à 54 ans, puis une reprise supervisée par son ami d'enfance Kouji Mori. Et un dessin des débuts que la critique juge encore brut avant le huitième volume.

Le public de SensCritique accorde 7,5/10 à ce premier tome (1 603 notes), soit 2💤. Une ouverture encore rugueuse, mais personne ne referme ce volume avec l'envie de dormir.

✓ Ce qui fonctionne

  • Un héros sombre et une vengeance qui intrigue dès les premières pages
  • Une fantasy médiévale qui ose le gore et les démons
  • La matrice d'une saga qui a influencé des générations d'auteurs
  • La Dragonslayer, épée devenue légendaire

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Un dessin encore brut, loin de la maîtrise des volumes suivants
  • Une série aux pauses interminables, achevée sans son auteur
« Une épée trop lourde pour un homme, une rage trop lourde pour un manga : Berserk commence par un massacre et ne s'excuse jamais. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 17 OCTOBRE 2026
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