GANTZ, TOME 1
Hiroya Oku traînait l'idée depuis le lycée, nourrie par la série télévisée de sabre Hissatsu et par le roman de Robert Sheckley Time Killer. Il lui a fallu d'abord achever Zero One, une série au décor voisin qu'il jugeait trop peu divertissante et trop coûteuse. Gantz démarre en juin 2000 dans Weekly Young Jump, chez Shueisha, et ne s'arrêtera qu'en juin 2013, après 37 volumes. En France, c'est Tonkam qui publie l'intégralité de la série.
Le point de départ tient en une case. Kei Kurono et Masaru Kato meurent écrasés par une rame de métro en voulant sauver un sans-abri ivre tombé sur les voies. Ils se réveillent dans un appartement nu de Tokyo, avec d'autres morts récents, devant une grosse boule noire baptisée Gantz. La sphère les envoie chasser des aliens cachés sur Terre, armés de combinaisons et de pistolets futuristes, invisibles aux yeux des vivants. Ceux qui survivent marquent des points ; à 100, on peut rentrer chez soi, mémoire effacée. La fabrication est singulière : Oku modélise personnages et décors en 3D sur ordinateur, imprime, puis pose trames et couleurs à la main.
Oku affirme ne s'être jamais autocensuré : ce qui est dessiné est publié tel quel. Il a même prévenu ses assistants avant le lancement que tous les personnages principaux mourraient, sauf Kurono. De quoi expliquer la réputation de l'adaptation animée de 2004, décrite comme violente, gore, sadique, et pourtant très addictive. Le manga dépasse les 24 millions d'exemplaires en circulation en avril 2021 et a eu droit à deux films en prises de vues réelles en 2011. Le revers est assumé : scènes érotiques, dialogues crus, et un héros, Kurono, présenté au départ comme froid, cynique et plutôt mauvais, grand consommateur de revues érotiques. Il faut supporter sa compagnie avant qu'il ne change.
Le public de SensCritique accorde 7,2/10 à ce premier tome (205 notes), soit 3💤. Mourir n'a jamais été aussi fatigant, et pourtant on tourne les pages à toute vitesse.
✓ Ce qui fonctionne
- Un concept de départ brutal et immédiatement accrocheur
- Une violence sans autocensure, où personne n'est à l'abri
- Une fabrication en 3D retouchée à la main, très réaliste
- Une sphère noire qui distribue missions et armes futuristes
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Un héros froid, cynique et plutôt mauvais au départ
- Des scènes érotiques et des dialogues crus qui ne plairont pas à tous
« Gantz vous offre une seconde vie, à condition de la passer à vous faire découper par des extraterrestres. »
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