SHADOW OF THE COLOSSUS
En 2005 sur PlayStation 2, Fumito Ueda et son équipe font l'inverse de tout le monde. Shadow of the Colossus retire le contenu au lieu d'en ajouter : un cheval, un arc, une épée, une immense Terre interdite vide, et seize géants à trouver puis à escalader.
Chaque colosse est à la fois le boss et le niveau. On cherche la faille, on s'accroche à la fourrure, on tient bon pendant que la créature se débat, on grimpe encore. Et à chaque fois qu'un géant s'effondre, la musique de Kow Otani vire au funèbre : le jeu ne vous félicite pas, il vous fait douter d'avoir bien fait. C'est l'un des rares jeux dont le propos tient entièrement dans sa mécanique — l'argument principal, à l'époque, de ceux qui défendaient le jeu vidéo comme un art.
Techniquement, la PS2 rendait l'âme : le framerate s'effondre dans les grandes scènes, et la caméra pendant l'escalade vous en fera baver. Le vide entre deux colosses est voulu, mais il reste du vide. Les joueurs de SensCritique retiennent 8,4/10.
Le jeu d'aventure qui vous laisse gagner seize fois et vous donne tort à la fin.
✓ Ce qui fonctionne
- Seize boss qui sont aussi seize niveaux
- Propos entièrement porté par la mécanique
- Musique de Kow Otani
- Terre interdite et son silence
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Framerate à genoux sur PS2
- Caméra pénible pendant les escalades
- Longs trajets vides entre deux colosses
« Seize victoires, et pas une seule dont on sorte fier — c'était exactement le but. »
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