🕹️ RÉTRO

ALONE IN THE DARK

INFOGRAMES • 1992
Genres : Survie Aventure
ALONE IN THE DARK
💤 SOPORIFIQUE2/5
LE GRAND-PÈRE FRANÇAIS DU SURVIVAL HORROR

Louisiane, 1925. Jeremy Hartwood, artiste réputé et propriétaire du manoir de Derceto, s'est suicidé, et personne n'en est vraiment surpris : la maison a la réputation d'être hantée. On y entre dans la peau d'Edward Carnby, détective privé, ou d'Emily Hartwood, la nièce du défunt. La porte claque derrière vous, et dès le grenier, les monstres attaquent. Conçu par Frédérick Raynal et édité par le français Infogrames, Alone in the Dark sort en 1992 sur PC, sous MS-DOS.

C'est un acte de naissance. Pour contourner les limites techniques, l'équipe pose des personnages en 3D, d'environ 250 polygones, sur des décors fixes dessinés à la main, cadrés selon des angles de caméra imposés qui limitent le champ de vision et entretiennent l'appréhension. Inventaire limité par le poids, énigmes, survie plutôt que combat : la critique y voit souvent le premier survival horror en 3D. Le scénariste Hubert Chardot boucle l'intrigue en trois après-midi, sur fond de mythe de Cthulhu (le Necronomicon traîne dans la bibliothèque), même si Raynal reconnaît que Dario Argento et George A. Romero l'ont davantage inspiré que Lovecraft. Quant à la musique de Philippe Vachey, elle joue parfois le thème d'un monstre absent, juste pour vous faire croire au danger.

Le succès est immense : prix du jeu le plus original et du meilleur jeu français de l'année à l'ECTS en 1993, 2,5 millions d'exemplaires en janvier 2000, une série de suites et deux films. Surtout, Shinji Mikami le découvre en pleine production de Resident Evil et adopte ses caméras fixes ; sans Alone in the Dark, a-t-il raconté, le premier Resident Evil aurait probablement été un jeu de tir à la première personne. Raynal, lui, vit mal la fin de l'aventure : juste avant la sortie, Infogrames remplace la mention « jeu créé par Frédérick Raynal » par « jeu créé par Infogrames », ce qu'il appellera « le traumatisme de [sa] vie ». Il quitte le studio peu après avec son équipe.

Ce qui a vieilli : des angles de caméra qui compliquent les fuites dans les couloirs étroits, des objets anodins qui tuent sans prévenir, et des monstres dont on ne sait jamais lesquels on peut abattre. Le public de SensCritique lui accorde 7,5/10 sur plus de 1 400 notes, soit 2💤. Le grand-père du survival horror, et il parle français.

✓ Ce qui fonctionne

  • Des caméras fixes qui inspireront Resident Evil
  • Un manoir lovecraftien plein de mystères
  • Une musique qui fait peur même quand rien n'arrive
  • Un jalon majeur de l'histoire du jeu vidéo

✗ Ce qui ne fonctionne pas

  • Des angles de caméra qui compliquent les fuites
  • Des morts sans prévenir et des monstres à l'invincibilité arbitraire
« Sans Alone in the Dark, Resident Evil aurait peut-être été un jeu de tir : le survival horror a un acte de naissance, et il est signé Infogrames. »
— RHYNO, critique en chef de ZZZPOP

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Par RHYNO — critique en chef, ZZZPOP 5 OCTOBRE 2026
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