CLOCK TOWER
Norvège, 1995. Jennifer Simpson, orpheline, est adoptée avec trois autres jeunes filles, Laura, Anne et Lotte, par la riche famille Barrows, qui vit recluse dans un manoir surnommé « Clock Tower » à cause de son imposant clocher. À peine arrivées, la femme qui les accompagnait s'éclipse, un cri retentit, et Jennifer se retrouve traquée par le Scissorman, un enfant au visage difforme armé d'une énorme paire de ciseaux. Développé par Human Entertainment, Clock Tower sort au Japon sur Super Famicom le 14 septembre 1995.
Pas d'arme : Jennifer ne peut que fuir, se cacher ou utiliser les pièges du décor, et quand le tueur surgit, le jeu bascule en « mode panique », où il faut marteler un bouton pour lui échapper. Le tout se pilote au curseur, façon point-and-click, les objets changent de place à chaque partie, et neuf fins sont possibles. Le réalisateur Hifumi Kono voulait rendre hommage à Dario Argento : Jennifer est inspirée du personnage de Jennifer Connelly dans Phenomena, et les clins d'œil à Suspiria abondent. Projet expérimental à petit budget, il a été mené contre l'avis de collègues persuadés qu'un jeu où l'on fuit l'ennemi ne marcherait pas. Les personnages sont tirés de photos numérisées de vraies personnes, et c'est une employée du service de planification de Human qui a joué les mouvements de Jennifer.
Le jeu se vend « plutôt bien », selon Kono, et ressort en 1997 sur PlayStation sous le titre Clock Tower: The First Fear. À sa sortie, un critique de Famitsu prévenait qu'il était si effrayant qu'il ferait pleurer les joueurs. Inédit hors du Japon pendant près de trente ans, en dehors des traductions de fans, il n'a été officiellement localisé qu'en octobre 2024, avec Clock Tower: Rewind. On le considère aujourd'hui, aux côtés d'Alone in the Dark, comme l'un des jeux qui ont posé les bases du survival horror.
Ce qui a vieilli : des énigmes simplistes, une chasse aux objets fastidieuse et un manoir pensé en 3D mais affiché en 2D, où l'on se perd facilement, regrettait Destructoid, tout en saluant une horreur atmosphérique « à l'état brut ». Et la moindre erreur mène au game over, prévenait déjà Famitsu. Le public de SensCritique lui accorde 7,5/10 sur 268 notes, soit 2💤. Le slasher fait jeu vidéo, avec neuf façons de mal finir.
✓ Ce qui fonctionne
- Le Scissorman, traqueur inoubliable
- Une impuissance totale qui fait monter la tension
- Un hommage assumé au cinéma de Dario Argento
- Neuf fins et des objets qui changent de place
✗ Ce qui ne fonctionne pas
- Une chasse aux objets fastidieuse et des énigmes simplistes
- Une difficulté où la moindre erreur se paie
« Pas d'arme, juste un curseur et des cachettes : dans Clock Tower, la peur naît de la fuite. »
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